David Bowie – Blue Jean

David Bowie Blue Jean Pop Music Deluxe

En 1983, David Bowie avait réinventé sa légende en délivrant au public une collection de pop-songs brillantes intitulée Let’s Dance. Son album le plus vendu à ce jour incluait les tubes China Girl, l’éponyme Let’s Dance ou Modern Love. Un reniement du génie Bowie selon certains fans hardcore mais un retour en grâce pour le grand public des années 80 qui (re)découvre le mythe grâce à une poignée de tubes FM auxquels l’artiste sait insuffler suffisamment de son savoir-faire pour les rendre atypiques. Let’s Dance, produit par Nile Rodgers (du groupe Chic), offre une production pop dansante élégante qui vaut à Bowie des critiques élogieuses.

L’année suivante, après une tournée mondiale de presque huit mois, est lancé l’album Tonight. La tentative de renouveler l’exploit de Let’s Dance y semble moins inspirée et David Bowie accouche du disque le 1er septembre 1984. Encore une fois le public se presse pour acquérir le 33 tours propulsé en haut des charts grâce à un premier extrait réussit, Blue Jean. Considéré comme l’un des meilleurs titres de l’album, Blue Jean est intégralement écrit et composé par Bowie et sort en 45t en septembre couplé au morceau Dancing with the Big Boys, un duo avec Iggy Pop. Blue Jean, avec ses sonorités rétro (Bowie avoue s’être inspiré d’Eddie Cochran), renvoie à l’état d’esprit du chanteur qui à l’époque est nostalgique du Swinging London.

Visiblement plus inspiré par le média visuel que par sa musique du moment, Bowie lance Blue Jean en grande pompe avec un court-métrage de 20 minutes intitulé Jazzin’ for Blue Jean. En 1984 le clip vidéo est à son apogée (le Thriller de 14 minutes de Michael Jackson est diffusé pour la première fois en décembre 1983) et le chanteur fait appel à Julien Temple, jeune réalisateur anglais, pour illustrer la comédie qu’il a imaginée pour lui-même et dans lequel il jouera un double rôle. Vic, un loser qui tombe sous le charme d’une jeune femme alors qu’il colle des affiches du chanteur star Screaming Lord Byron, tente un coup de bluff en affirmant à la demoiselle (visiblement fan du chanteur) qu’il connaît personnellement Byron et peut le lui présenter. S’ensuit une farce assez conventionnelle où Vic (joué par Bowie) tente par tous les moyens d’entrer en contact avec Byron (joué aussi par Bowie) pour que finalement ce dernier termine au bras de la fille (qu’il connaît en fait déjà d’un voyage au Pérou). La vidéo n’a d’intérêt que pour le jeu de Bowie, hilarant en séducteur à la petite semaine, et pour la seconde lecture qu’offre le personnage de la star, allégorie du mythe Bowie, du maquillage à outrance aux déboires avec la drogue en passant par la fascination des groupies. Le mini-film ayant pour point d’orgue la prestation du fameux Byron lors d’un concert où il exécute Blue Jean tout en maquillage et confettis. Un passage qui permettra de remonter la vidéo dans une version courte pour mettre en avant la chanson en elle-même. Un second clip vidéo, beaucoup plus sobre et destiné essentiellement à MTV Angleterre, est filmé live dans un club de Soho.

David Bowie Blue Jean maxi Pop Music Deluxe

Blue Jean est un hit qui se hisse à la 6e place des charts anglais et à la 8e place des charts américains. Le 45t cartonne également dans toute l’Europe mais se contente d’une 22e place en France (où le Top 50 n’apparaît officiellement que pour la première fois en novembre 1984) avec tout de même 200 000 copies vendues. Pressé en différents formats, dont un 45t bleu transparent pour les Etats-Unis, une VHS single et un LaserDisc pour le clip, Blue Jean est décliné en version longue sur le maxi 45t (remixé par John « Jellybean » Benitez) où l’on retrouve également deux versions de Dancing with the Big Boys (Extended et Dub), le duo avec Iggy Pop. Ce dernier, qui participe activement à l’élaboration de l’album, signera trois morceaux tandis que Bowie lui rendra hommage en reprenant deux de ses titres, dont Tonight qu’ils avaient écrit ensemble pour un album d’Iggy Pop en 1977. Une chanson que Bowie regrettera plus tard d’avoir retouchée, et qualifiera même de désastre, et qui sort pourtant en deuxième single de l’album en duo avec Tina Turner. Le succès du titre est mitigé mais Tina en fera un succès européen en 1988 en ressortant Tonight dans une version live, toujours en duo avec Bowie. Un troisième et dernier extrait de l’album sort en single au printemps 1985, Loving the Alien, un morceau plus noir qui réalise un honnête parcours dans les charts.


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