Pet Shop Boys – Always on My Mind

Pet Shop Boys Always On My Mind Pop Music Deluxe

Duo phare de la scène synth-pop anglaise des années 80, Pet Shop Boys, alias Neil Tennant et Chris Lowe, débarque en 1984 et se met très vite à collectionner des tubes imparables : West End Girls, It’s a Sin, What Have I Done to Deserve This?, autant de morceaux fondateurs qui affolent les dancefloors et les charts du monde entier. Mais au-delà de l’insouciance d’une dance music bien calibrée, les ambitions du groupe sont à la hauteur de son talent, et c’est dans ses textes que Neil Tennant va faire la différence, cultivant des références littéraires, historiques et les clins d’œil à l’actualité, à la communauté gay et à la société de consommation.

En 1987, suite au succès de leurs deux premiers albums, les garçons sont invités à participer à une émission hommage à Elvis Presley commémorant les dix ans de sa disparition et à y reprendre l’un de ses morceaux. Pas vraiment fans du King, les PSB se laissent toutefois convaincre, peut-être par défis ou par opportunisme, sans trop savoir quelle chanson se réapproprier. Peu familiers de son répertoire, Neil et Chris se font envoyer tout un tas d’albums d’Elvis et le premier qu’ils choisissent d’écouter démarre par le morceau Always on My Mind.

Leur première idée est pourtant de faire une version house de Baby Let’s Play House, mais par manque de temps ils se rabattent finalement sur Always on My Mind, issu de la période Vegas du King qu’ils préfèrent au rockabilly des débuts, et s’enferment en studio pendant deux jours pour travailler leur version. Les PSB s’approprient totalement le morceau, le rendant presque méconnaissable dans une version Hi-NRG sautillante, contrastant avec l’interprétation froide et détachée de Neil qui a, pour l’occasion, revu légèrement les paroles, gommant au passage quelques références un peu trop hétéro à son goût.

Habillés de cuir dans un décor de brume et marchant le long d’une voie de chemin de fer, la prestation de Always on My Mind enregistrée pour l’émission fait forte impression, à tel point qu’on envisage de sortir l’enregistrement en face B du 45 tours Rent, troisième extrait de l’album Actually, qui sort en octobre 1987. Mais le manager du groupe, qui flaire le potentiel de la reprise, décide plutôt d’en faire la face A d’un single inédit mis en bacs dès la fin novembre, un mois et demi seulement après la sortie de Rent.

Pour la sortie en 45 tours les garçons fignolent légèrement la version démo utilisée pour l’émission hommage au King et incluent en face B un titre inédit, Do I Have To?. Des remixes sont bien sûr commandés, à Julian Mendelsohn, Phil Harding et l’année suivante à Shep Pettibone. Always on My Mind est tout de suite un gros succès : n°1 au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Suède, n°4 aux États-Unis mais seulement une 22e place en France où il est pourtant n°1 des discothèques.

Débarqué en pleine promotion de l’album Actually mais n’y figurant pas, certains marchés réclament le tube et l’on vendra l’album couplé au maxi 45tours ou au 45 tours aux États-Unis et au Japon. Bien conscients qu’ils avaient là un morceau d’anthologie, Neil et Chris réenregistreront Always on My Mind pour leur album suivant, dans une version longue incluant un autre morceau (In My House) et basée sur un remix original de Phil Harding.

Au moment de la sortie du single, les PSB sont en train de tourner un film musical basé sur leur album Actually et décident, en dernière minute, d’inclure une séquence pour Always on My Mind non prévue au script original. La scène est tournée dans une voiture, avec la complicité du comédien Joss Ackland qui campe un auto-stoppeur psychopathe, et fera office de vidéo-clip pour la promotion du single. Le film It Couldn’t Happen Here ne sortira, lui, qu’en juillet 1988.

Encore aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures reprises de tous les temps, Always on My Mind est une chanson qui, selon Chris, dresse le portrait d’un homme égoïste, macho et incapable d’aimer.

2 commentaires

  1. « Neil qui a, pour l’occasion, revu légèrement les paroles, gommant au passage quelques références un peu trop hétéro à son goût. »

    Oh pas tant que ça, j’ai cru seulement déceler la disparition d’un petit « Girl » en début de phrase pour gommer l’aspect hétéro mais je n’ai peut-être pas été assez attentif. Et ce n’est pas une chanson si machiste que ça puisque Brenda Lee en a enregistré sa version juste avant Elvis, Peut-être qu’interprétée par un chanteur comme le « King », surtout en période « me too » ça donne cette impression de mec qui a fait preuve de peu de considération pour sa petite amie (donc les femmes en général ? 😉 ) qui a fini par le larguer. Mais au fond, ça n’est jamais qu’une chanson d’amour gâché, le responsable de la rupture peut être aussi bien un homme qu’une femme égoïste qui voudrait maintenant recoller les morceaux en reconnaissant ses erreurs. Avec PSB, la question ne se pose plus vraiment si on part du principe que le monsieur s’adresse à un autre monsieur. 😉
    J’aime beaucoup ce titre (tant l’original que cette excellente cover).
    Merci, forcément très instructif !

    Aimé par 1 personne

    • Pas tant que ça en effet, vous avez raison, mais l’intention est clairement de se démarquer de l’interprétation d’Elvis qui est celle de référence ici (même si pas la première puisque, comme vous le souligner, la chanson a d’abord été enregistrée par une femme, apparemment Gwen McCrae juste avant Brenda Lee, puis Elvis la même année).

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