Sophie Favier – Aujourd’hui plus qu’hier…

Sophie Favier doit ses débuts discographiques en 1984 à sa rencontre avec Nicolas Skorsky. D’abord musicien et chanteur, Skorsky débute en 1972 avec un premier 45t Comme je t’aime qui connaît un certain succès tout comme le suivant, Quittons-nous bons amis. Tout en continuant ponctuellement à sortir des disques, il écrit surtout pour les autres : Claude François lui doit le succès de Chanson populaire et Ringo, ou encore Daniel Guichard, font appel à ses services. En 1974, il pose les jalons d’une carrière internationale avec Crystal World, un single disco, avant de se lancer dans l’aventure Santa Esmeralda, groupe pour lequel, en plus d’écrire, il prend la casquette de producteur. Avec la reprise disco du Don’t Let Me Be Misunderstood de Nina Simone, Santa Esmeralda signe un énorme tube : n°1 des discothèques américaines, n°1 en Allemagne, en Autriche et 500 000 exemplaires du 45t sont vendus en France avant son inclusion en 2003 sur la BO du Kill Bill de Tarantino qui affirme définitivement le caractère culte du morceau.

Sophie Favier, quant à elle, apparaît à la télévision en 1982 dans l’émission Co-Co Boy de Stéphane Collaro. À 19 ans, la jolie blonde arrive presque par hasard sur le casting de l’émission où l’on exploite son potentiel sensuel en l’intégrant à la troupe des danseuses sexy, les Coco Girls. Une aubaine pour Sophie qui avait toujours eu envie d’être danseuse. En plus des émissions, on fait enregistrer quelques 45t aux Coco-Girls (en fait c’est surtout la choriste Liliane Davis qui pose sa voix sur les chansons). Sur le premier, Coco Girl qui sort chez Carrère en 1983 avec Gérard Salesses et Anne Vassiliu aux arrangements, Sophie fait des chœurs et pose sur la pochette accompagnée des trois autres « girls ». Selon les propos de Sophie, Nicolas Skorsky s’occupait alors des disques des Coco Girls chez Carrère et c’est ainsi qu’ils firent connaissance.

Parallèlement on peut voir Sophie dans le film érotique Lady Libertine ou dans le plus traditionnel Vénus de Peter Hollison. Elle se joue de son image sulfureuse et, pour s’amuser, enregistre son premier 45t avec Skorsky en 1984. Aujourd’hui plus qu’hier… et bien moins que demain (tout un programme !), est produit, réalisé et composé par Skorsky tandis que Vera Baudey (Karen Cheryl, Jairo, Linda de Suza…) se charge des paroles. Le disque est enregistré à Paris, dans le studio de Skorsky, et la jeune femme, qui n’a jamais pris de cours de chant, fait ce qu’elle peut en y mettant tout son cœur. Le résultat est une ballade rythmée aux paroles sensuelles sur laquelle Sophie assène des « Je t’aime, je t’aime, je t’aime » d’une voix suraigüe, au bord de la rupture, qui provoque extase ou irritation chez l’auditeur, au choix.

Mais sans doute plus que la chanson, c’est le clip qui marque les esprits. Réalisé par Ghislain Vidal (qui a dirigé par ailleurs Corynne Charby), on peut y voir Sophie dans un studio de radio en compagnie de l’animateur d’NRJ Jacky Gallois, dans une séquence d’ouverture qui s’enchaîne sans transition avec une partie de flipper des plus endiablées. Un jeune homme torse nu et la sueur au front s’évertue à marquer des points sur sa machine où apparaît en surimpression l’image d’une Sophie de moins en moins vêtue. Une audace qu’on ne reverrait sans doute pas dans un clip vidéo aujourd’hui…

Produit sur Puma, le label de Skorsky, et distribué par Carrère, Aujourd’hui plus qu’hier bénéficie d’un accueil favorable en radio. Pour un premier essai les ventes restent timides mais pas catastrophiques et le titre se voit réédité avec un nouveau mix qui met la voix plus en avant tout en étant remixé pour sa sortie en maxi 45t. En face B on trouve L’Idiote, probablement inspiré par le personnage de jeune femme ingénue véhiculé par Sophie à l’époque, et dont le texte s’avère plutôt osé (ou de mauvais goût).

Aujourd’hui plus qu’hier demeure le seul aparté de Sophie dans la variété des années 80, un exercice qu’elle assume totalement. Devenue animatrice à succès dans des émissions populaires des années 90 (Ciel, mon mardi !, Coucou c’est nous, Sacrée soirée, Sans aucun doute…), ce n’est qu’en 1997 que Sophie Favier connaîtra son premier succès du Top 50. En parodiant le tube de l’été Tic Tic Tac, elle se hisse à la 31e place des meilleures ventes de disques en France (et à la 16e en Belgique) avec Il me tape sur les nerfs. Bye Bye, le single suivant (encore une parodie), est 37e en Belgique et extrait du premier album de Sophie, Par curiosité.

3 commentaires

  1. Mélodie plutôt agréable. Je me demande ce que ça aurait donné avec une vraie chanteuse… tant Sophie Favier chante d’une voix particulièrement aiguë, qui peut taper sur les nerfs (tic tic tac !). Sinon, la succession de « Je t’aime, je t’aime, je t’aime » me fait penser, avec son côté éraillé et limite faux, à Charlotte Gainsbourg dans « Lemon Incest ».
    Quant au clip, dommage qu’on ne voie pas davantage le joueur de flipper ! 😉

    Aimé par 1 personne

    • Connait-on les chiffres de vente de l’époque pour ce 45T? En effet, je n’ai pas l’impression que cette chanson n’ait été un succès ne serait-ce que d’estime à l’époque alors qu’aujourd’hui elle est devenue culte ou presque. Si un album avait été enregistré un peu plus tard, j’aurais bien aimé parce que j’adore cette voix

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