Interview – Nicolas Finn/Kazino (1ère partie)

Moitié du duo Kazino, Nicolas Finn caracole en tête du Top 50 en 1985 avec le tube italo disco Around My Dream. A l’occasion de la réédition de l’unique album du duo, nous avons rencontré le musicien qui revient sur son parcours et ses années Kazino.

Bonjour Nicolas. Peux-tu nous parler un peu de ton parcours musical avant Kazino ?

Lorsque j’avais huit ans un de mes camarades avait expliqué en classe qu’il allait suivre un cours de violon et ça m’a donné envie, j’ai vu l’image d’un orchestre avec tous les violons qui jouent et j’en ai parlé à mes parents qui ont été ravis de l’idée car ils aiment beaucoup la musique. Ils m’ont inscrit au conservatoire de Charleroi puis m’ont ensuite suggéré de changer d’instrument. Un voisin avait un piano dont il voulait se débarrasser et c’est comme ça que j’ai commencé le piano à 10 ans dans une académie. Par la suite, j’ai beaucoup travaillé en autodidacte la guitare et le chant tout en m’intéressant à des groupes comme Pink Floyd, Led Zeppelin, Creed Clearwater Revival… j’adorais le rhythm and blues, Doobie Brothers, Frank Zappa, Genesis…

Nicolas Finn Kazino

A partir de mes 15 ans j’ai commencé à intégrer des groupes, d’abord violoniste dans un groupe de blues, puis en duo avec mon frère Gregory qui jouait de la basse. Plus tard j’ai acheté un piano électrique Rhodes Fender, j’adore ce son, pour faire du rock, du blues, du jazz, y a pas besoin de plus. On a rencontré d’autres musiciens pour essayer de créer un groupe de jazz-rock avec un flûtiste qui jouait aussi du saxophone et qui est devenu guitariste professionnel, il a joué notamment avec Maurane. A un moment donné quand je suis revenu habiter à Bruxelles, j’ai commencé des études de rythmique, pédagogie de la musique et du rythme, cours de piano classique, d’improvisation, solfège, harmonie, expression corporelle, danse créative… Puis j’ai rencontré Pierre-Henri Steyt qui jouait de la basse et qui m’a proposé de faire de la musique ensemble. Moi j’avais déjà des chansons de mon côté et je les enregistrais alors on a fait quelques essais. Il composait aussi et je trouvais ça très intéressant alors on a commencé à travailler sur ses maquettes. C’était un bassiste mais il avait aussi des idées pour des lignes de guitare, il pouvait jouer au clavier, il cherchait un peu dans toutes les directions et moi j’arrivais avec un bagage pianistique important, je me disais que ça pouvait donner quelque chose d’intéressant. Au bout de quelques séances on est arrivé à réaliser de très chouettes morceaux, dont un morceau a finalement abouti à la face B d’Around my Dream, c’est le premier morceau qu’on ait fait ensemble et ensuite on a fait ensemble Hasta la vista, Devil, Boudha, ma composition qu’on a arrangée ensemble, on faisait des maquettes quatre pistes.

C’est donc le début de l’aventure Kazino ?

Un jour Pierre-Henri (qui travaillait chez sa mère, dans une agence de communication) trouve une annonce dans l’hebdomadaire Vlan qui disait « producteur cherche artistes ». C’était Yves Roze (Jean-François Michaël). Pierre-Henri lui envoie la cassette avec une lettre qui dit qu’on est des extraterrestres qui cherchent un contact avec des humains pour discuter parce qu’il y a des problèmes à régler et qu’on sait pas très bien à qui s’adresser, parce que dans cette société le pouvoir n’est pas forcément dans les bonnes mains. Il y avait sur cette maquette 4 ou 5 chansons : Binary, Hasta la vista, Bounty Party, Boudha, Fille moderne, enregistrées dans un studio 24 pistes avec des percussionnistes, batteur, guitariste, bassiste, choristes… le son était assez bon. Plein de musiciens nous ont donné un coup de main parce qu’on n’avait pas de budget, j’étais moi-même étudiant, mais on avait un deal avec le studio. Nos maquettes étaient assez plaisantes et Yves Roze a voulu les produire.

D’où est venu le nom du groupe ?

A l’époque on allait dans un restaurant qui s’appelait Fortunata et ça m’avait donné l’idée d’un nom cours en trois syllabes avec trois voyelles différentes, A I O par exemple, et en tournant un peu dans ma tête je cherche des mots qui existent déjà et qui répondent à ces deux contraintes et je tombe rapidement sur casino. C’est un environnement qui me fascinait un peu même si je n’y suis pas allé souvent mais je trouvais que ça sonnait bien. Mais évidemment je ne voulais pas que ça veuille dire casino donc j’ai mis un k et un z. Ça s’écrit bien en imprimé, ça se retient facilement.

Comment se passait le travail à deux ?

Kazino Nicolas Finn Pierre-Henri SteytJ’aime bien faire mes morceaux de A à Z, y compris pour l’écriture du texte, je me mets au piano, je note les paroles au fur et à mesure… Mais là c’était un travail en commun, par exemple sur des thèmes qu’il avait lui-même trouvés, par exemple à la basse, il avait de très chouettes lignes de basse mélodiques, il avait des idées originales. Au niveau des structures de morceaux on ne se privait pas de sortir de temps en temps du schéma couplet-refrain, on essayait l’originalité dans la forme, on se complétait assez bien. Comme on avait ce deal avec ce studio, quand il y avait des heures de libres, on demandait à des musiciens de venir pour travailler gratuitement parce qu’on n’avait aucun budget, c’était une expérience collective qui, je l’espérais, déboucherait sur un groupe de personnes fixes capables d’aller sur scène et de donner des concerts.

Vous entrez donc en studio avec Yves Roze ?

On a fait deux essais en studio avec Yves Roze, notamment pour Hasta la vista. Il n’a pas trouvé de contrat pour nous distribuer mais il continuait de croire en nous et il a commencé à faire produire Bounty Party au studio Marcadet à Paris. Ça a duré quelques jours, on n’a pas eu beaucoup d’heures de studio mais on approchait du résultat, on était dans la bonne direction mais encore une fois malheureusement je crois qu’il a eu un problème de budget et s’il ne trouvait pas un investisseur qui vienne prendre le relais, ça n’allait pas aller plus loin. C’est un peu le problème en musique, il y a le côté financement qui intervient… et moi si j’avais des moyens plus importants, bien sûr je le ferais personnellement, j’ai d’ailleurs tenté ma chance avec mes propres deniers…

C’est suite à ça qu’Yves Roze vous a proposé de faire une reprise d’Around My Dream ?

Effectivement, il était en concurrence avec d’autres personnes pour obtenir un contrat de licence de cette chanson italienne chantée par Silver Pozzoli mais ça ne s’est pas fait. C’est comme ça qu’il nous a proposé ça de reprendre la chanson.

Tu en pensais quoi de cette chanson ?

Kazino Around My Dream

Je me suis dit que ça avait l’air d’être un tube même si ce n’est pas mon style de musique du tout. La structure est très simple, avec une middle part un peu bidon mais ça passe quand même, c’est une chanson qui est bien foutue avec des petits leitmotivs mélodiques qu’on a recopiés à l’identique mais avec des sons plus jolis je trouve, et puis la voix qui est nettement plus chaude. A l’époque Silver Pozzoli la chantait en aiguë et moi je n’aimais pas du tout, je n’aime pas sa version, si on m’avait proposé sa version j’aurais dit non, même si c’est un tube. Mais c’est une belle chanson quand même, il faut écouter le texte, c’est une belle chanson d’amour, on peut le prendre sur le plan spirituel aussi, ça peut s’adresser à Dieu, j’ai trouvé que c’était bien tourné. C’est pas si facile à chanter mais pas trop difficile non plus, c’est assez original. C’est surtout le refrain qui reste dans la tête évidemment. Alors je me suis dit est-ce que moi je me sens crédible dans ce rôle en tant que chanteur ? C’est très loin de ma personnalité, même si on a forcément tous plusieurs facettes. Je l’ai interprétée, je me suis dit que ça tenait la route, que c’était ma tessiture. Donc j’ai accepté alors qu’à l’époque j’étais pianiste dans un groupe de bal et que j’ai dû rompre mes engagements. J’ai tout de même trouvé un remplaçant, pas facile parce qu’il y avait 60 morceaux, je lui ai laissé mon matériel sur place pour qu’il continue la tournée et donc j’ai tenté le coup. On s’est retrouvé d’abord à Bruxelles, où habitait Yves Roze à ce moment-là, et on a imaginé une chorégraphie très théâtrale, le but étant de passer à la télévision. Il y avait de l’humour tout en étant un peu sérieux parce qu’il y a quand même du contenu dans la chanson. Et donc on a fait une première télévision au Luxembourg, c’est d’ailleurs la première fois que j’ai pris l’avion, on avait répété la chorégraphie, j’étais assez à l’aise grâce à mes cours de mouvements et Pierre-Henri n’avait visiblement pas le trac non plus. C’était un tout petit plateau, il y avait peut-être deux caméras mais le son était bon.

Lire la suite de l’interview ici !

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