Alain Chamfort – Bambou

Alain Chamfort - Bambou Pop Music Deluxe

Alain Chamfort rencontre Serge Gainsbourg alors qu’il quitte l’écurie Claude François (où il n’a pourtant connu que des succès). Désireux de se libérer de l’emprise de Cloclo pour mieux voler de ses propres ailes, il se lance en 1976 dans la conception d’un album qui marque la rupture avec son précédent répertoire mais marchera moyennement.
Peu satisfait des textes qu’il a enregistrés, il s’en ouvre à Bernard Saint-Paul, producteur de Véronique Sanson pour qui Chamfort fait des chœurs sur l’album Hollywood, qui lui suggère de demander à Gainsbourg d’écrire pour lui. Tout d’abord réticent, Gainsbourg se montre intéressé à l’écoute des maquettes déjà réalisées. Une collaboration se met alors en place, sur l’album Rock’n rose d’abord, puis sur Poses en 1979 d’où est extrait Manureva qui va devenir le plus gros succès de Chamfort.

Pour son album de 1981, Amour année zéro, il se met au travail à l’été 1980 et compose seul la plupart des chansons de l’album. Puis il part à Los Angeles accompagné de Lio, qui partage désormais sa vie, et du musicien Wally Badarou qui a récemment joué des claviers sur l’album Warm Leatherette de Grace Jones. Il y invite également Gainsbourg (qui a énormément de mal à se remettre du départ de Jane Birkin) et sa nouvelle compagne, Bambou. Gainsbourg est censé écrire les textes du nouveau disque mais peine à se mettre au travail, préférant draguer Lio et concocter des cocktails, et s’il propose de jolis titres pour les chansons, les textes en sont médiocres.

Chamfort essaye tout de même de les interpréter mais n’y arrive pas et demande à Gainsbourg de reprendre son travail, ce qu’il prend très mal, menaçant le chanteur de rentrer à Paris. Puis, s’exécutant, il s’embarque dans un avion en compagnie de Catherine Deneuve pour qui il est en train de préparer un album.

De retour à Paris c’est Alain Lévy, directeur de CBS qui produit l’album de Chamfort, qui calme le jeu entre les deux artistes en les invitant à dîner. Gainsbourg accepte de se remettre à l’écriture mais annonce au chanteur qu’il lui reprend le titre Souviens-toi de m’oublier qu’il avait écrit et composé pour lui et qu’il destine désormais à Catherine Deneuve avec qui il l’enregistrera en duo. Passablement vexé, Chamfort, qui trouvait le texte bon, se remet au travail au studio Sound Connection à Los Angeles tandis que Gainsbourg lui fait part de ses nouveaux textes par téléphone, mais la relation entre les deux hommes en restera toujours affectée.

Amour année zéro est enregistré avec une pléiade de très bons musiciens américains et Alain Chamfort se charge lui-même de la réalisation et co-signe les arrangements avec Wally Badarou.

Le premier single à en être extrait est Bambou. Gainsbourg s’y inspire évidemment de celle qu’il a rencontrée quelques mois auparavant à l’Elysée-Matignon et qui partagera désormais sa vie. Jeune femme aux pupilles qui « se dilatent » et qui « voyage par la pensée », il lui adresse en chanson une déclaration pleine de pudeur puisqu’il la place dans la bouche d’un autre, un homme qu’il trouve plus séduisant que lui…

Bambou sort en 45t au printemps 1981 dans une version raccourcie de plus d’une minute tandis que la version album se retrouve sur le maxi. En face B de chaque support est placé Poupée, poupée, qui fait également immédiatement suite à Bambou sur l’album.

La pochette, signée Jean-Baptiste Mondino et au stylisme réalisé par Caroline Loeb, est en fait un agrandissement du cliché qui illustre l’album et où Chamfort apparaît en véritable dandy, une image qui lui collera à la peau…

Bambou, qui sera aussi lancé dans toute l’Europe (où Alain fait quelques télévisions) et au Canada, est un joli succès en France qui s’écoule à 200 000 exemplaires. Pas assez malheureusement pour faire de l’album Amour année zéro un succès, malgré la sortie de deux autres 45t, Paradis et Chasseur d’ivoire.

La même année Gainsbourg sort son album Mauvaises nouvelles des étoiles qui sera disque d’or.

2 commentaires

  1. Très bel album, effectivement, même si les textes de Gainsbourg ne sont pas toujours au niveau des mélodies et des arrangements de haute volée. Paradis est ma préférée (je peux l’écouter en boucle) dont les paroles sont signées Hagen Dierks (alias Jacques Duval).

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