Jane Birkin – Quoi

Jane Birkin Quoi Pop Music Deluxe

Lorsque paraît le 45t Quoi en 1985, Jane Birkin vient de recevoir le prix de l’Académie Charles-Cros ainsi que son premier disque d’or pour l’album Baby Alone in Babylone paru en 1983, et qui contient les classiques Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve, Les Dessous chics ou l’éponyme Baby Alone in Babylone, tous écrits et composés par Serge Gainsbourg. Un succès public qui s’accompagne d’une jolie carrière d’actrice sachant conjuguer avec intelligence comédies populaires et films d’auteurs.

Plus connue en Italie pour son métier de comédienne, on demande à Jane de participer à un programme télévisé produit par la Rai 2 et TF1. Cinecittà est une fiction de variétés mêlant sketchs et chansons diffusée en novembre 1985. Présentée et animée par Vittorio Gassman sur des textes, notamment, de Jérôme Savary, elle propose en cinq épisodes de revenir sur l’histoire et les coulisses des fameux studios de cinéma italiens. Jane en est l’une des invités tout comme Fanny Ardant, Serge Reggiani, Miou-Miou ou encore Marcello Mastroianni. On lui propose également de participer à la bande originale de l’émission et d’en interpréter le générique. La musique du programme est composée par Guido et Maurizio De Angelis, deux frères musiciens connus surtout pour leur travail sur des musiques de films ou de dessins-animés (Le Tour du monde en 80 jours, Les Trois Mousquetaires…). Jane va ainsi poser sa voix sur deux de leurs compositions dont les paroles sont signées par Cesare de Natale. Elle chante donc en italien Come un gabbiano (avec un accent peut-être encore pire que celui qui a fait son charme en français) mais pour la deuxième chanson, qui la touche et lui tient particulièrement à cœur, elle demande à Gainsbourg de lui concocter un texte en français. Séparés depuis le début de la décennie, ils n’ont en effet jamais cessé de travailler ensemble et c’est la première fois qu’elle enregistrera sans lui, dans un studio italien. Le fidèle collaborateur Philippe Lerichomme est en charge de la réalisation et se rend à Paris pour faire écouter les bandes du morceau à Gainsbourg. Le grand Serge écrira Quoi, un texte rempli d’émotion, métaphore de leurs amours consumées dont l’artiste ne s’est jamais vraiment remis. « Je pense que je l’ai fait écouter à Serge au téléphone après l’avoir chantée, Lerichomme, lui, me dit que ce n’était pas comme ça, qu’il était à Paris avec Serge et qu’il lui a fait écouter ce qu’on avait enregistré à Rome. Ce dont je me souviens, c’est que Serge était en sanglots en écoutant la chanson, je l’ai entendu se moucher avant de me dire que c’était parfait », écrit la chanteuse dans Post-scriptum, son recueil de souvenirs paru en 2019.

Quoi est présent sur le 33t de la bande originale de l’émission mais sort également en 45t fin 85 en France, Italie, Belgique, Japon et Canada. Couplé à Come un gabbiano et illustré d’une magnifique photo de Peter Lindberg pour Vogue Italie, le 45t est un succès du Top 50 en France. Quoi reste classé 19 semaines et atteint la 11e place mi février 1986. Un disque d’argent est remis à Jane pour des ventes certifiées de 250 000 exemplaires, son plus gros succès single à ce jour.

La maison de disques, qui voit ce nouveau succès d’un bon œil, en profite pour publier en 1986 une compilation des succès de Jane intitulée tout simplement Quoi et sur laquelle on retrouve, entre autres, Je t’aime moi non plus, Di doo dah ou Ex fan des sixties. Classé 15e au top album, ce recueil de tubes est un nouveau disque d’or.

L’année suivante Jane Birkin se décide à monter sur scène pour la première fois. Elle réserve le Bataclan de Paris pendant un mois avec succès après la sortie de son album Lost Song en 1987. Quoi y a bien évidemment sa place et figurera désormais régulièrement au programme de ses futurs tours de chant : en 1991 au Casino de Paris, en 1996 à l’Olympia, en 2000 au Japon et au Palace en 2009.

Lost Song, qui paraît en 1987, n’offre aucun nouveau tube à la chanteuse, faute peut-être à un Gainsbourg moins inspiré qui confectionne un album de seulement neuf titres dont deux sont des reprises de l’album de 73 (C’est la vie qui veut ça et Leur plaisir sans moi) revues avec de nouveaux arrangements. Il faudra attendre 1990 et l’album Amours des feintes, le dernier avant la disparition de Gainsbourg, pour renouer avec le succès.

Depuis, Jane n’a eu de cesse de rendre hommage au répertoire de son ex compagnon, diffusant son répertoire dans le monde entier à travers de nouveaux arrangements (Versions Jane en 96, Arabesque en 2002, Au Palace en 2009, Le Symphonique en 2017).

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