Chanteuses des 80’s : Natali Kaufmann / Patricia Zamler

Parmi les très nombreuses productions qui ont envahi les disquaires dans les années 80, elles ont eu la chance elles aussi de sortir un disque ! Passant parfois très près du tube, elles sont toutefois restées confinées à un succès d’estime, même si certaines d’entre elles ont pu traverser la décennie (à l’époque, les maisons de disques étaient souvent moins frileuses à penser une carrière sur le long terme).

Certains de leurs refrains sont peut-être encore enfouis au fond de votre mémoire aujourd’hui, et nous, on garde une certaine tendresse pour ces chanteuses qu’on ne se lasse pas de redécouvrir et dont vous retrouverez régulièrement les portraits dans cette rubrique.

Natali Kaufmann

Natali Kaufmann Pop Music Deluxe

Natali Krassilchik grandit en province. Enfant calme et volontiers solitaire, elle se découvre très tôt le goût de l’écriture, chante à la chorale de son lycée d’Orléans et voyage un peu partout : Los Angeles, Rome, Barcelone… « Je m’ennuie beaucoup, souvent par paquets. Je m’invente des nostalgies russes de mes ancêtres, de grands déserts blancs. » Elle passe son bac à Paris et se met au piano. Dès 1979, certains de ses textes sont enregistrés par d’autres : le groupe Flush avec Rocky, Bonjour les dollars et Take it facile, adaptation du Boogie Breakout de Peter Blake, obscure chanteur anglais à la carrière éphémère. En 1981, c’est Catherine Lara qui retient l’un de ses textes, Exactement rose, pour son album Johan.

Son premier 45 tours, c’est en 1981 que Natali a l’occasion de l’enregistrer ; Envie de traîner avec toi, délicate ballade au piano dont elle signe paroles et musique, avec Jean Musy et Loris Baccheschi à la réalisation. A la production, on trouve un certain Eric Kaufmann, et c’est d’ailleurs sous le nom de Natali Kaufmann que sort Envie de traîner avec toi, un succès encourageant au printemps 1982, soutenu par RTL. L’année suivante c’est l’aventure du premier album chez WEA, Enlèvement demandé, à la pochette signée Mondino. Dix titres écrits et composés par la chanteuse et des arrangements de Roger Loubet, Carolin Petit, Gilles Tinayre, Didier Makaga… Mais le 45 tours extrait pour les radios, Une bouche pour mentir, ne renouvelle pas les promesses du précédent.

En 1983, le très synthétique et entêtant Jamais j’oublierai ça jamais, couplé à la ballade Un peu de chaleur humaine, sort chez CBS avec Daniel Boublil à la réalisation et Eric Serra à la basse. Puis elle signe l’année suivante l’adaptation d’un titre d’Elton John, Sweet Heart on Parade, pour le chanteur Frank Noël qui fait de ce Quelques mots essentiels un 45 tours dont elle signe aussi la face B sur une musique de Didier Makaga. Elle écrit également pour Marie Myriam, Patrick Léger, Stephan Cauvin, Jean-Marc Pessin et Cecil Maury. En août 1985 elle s’envole pour le Canada où Jean Roussel lui propose de venir écrire : « C’est la première fois que quelqu’un me fait travailler. Je change de maison de disques. J’avais envie qu’on ait envie ». Désormais chez Polydor, elle enregistre Lover en mars 1986 à Montréal avec Jean Roussel et la maison de disques y croit. On voit Natali défendre son titre à la télé, et cette fois encore on n’est pas loin du tube. Mais malgré un changement de pochette, le 45 tours échappe au Top 50 et Polydor ne poursuit pas l’aventure.

1987 : avec son complice Didier Makaga, elle enregistre le duo Konchakecheke chez Pathé et en 1988 paraît Va, nouveau 45 tours réalisé par Pierre Jaconelli et enregistré à Bruxelles chez Dan Lacksman. La chanson a un beau potentiel, un remix est même réalisé et un album est envisagé. Mais suite à l’échec du morceau le projet est abandonné. Changement d’univers en 1991 sur le label Cent pour cent, toujours avec Jaconelli, où elle propose un son beaucoup plus pop-rock avec le single Lewis qui sera le dernier. Natali raccroche alors le micro mais continue à écrire pour les autres : Les Maousse Costo en 1992, Baccherini en 2001… et s’adonne à une autre forme d’écriture en publiant des guides et des romans aux éditions Les Belles Lettres entre 1995 et 1999. L’univers romantique et désabusé de Natali Kaufmann n’aura pas rencontré le grand public parmi la multitude de chanteuses débarquées dans les années 80, mais on s’en souvient pourtant encore et l’on réécoute avec plaisir ce timbre d’une douceur particulière qui chuchotait des romances déçues. En 2011, sa voix résonne à nouveau sur l’album électro Ramona Polaroid qu’elle enregistre avec Knobs Caxur.

Si l’album Enlèvement demandé est aujourd’hui toujours inédit en CD, on trouve quelques titres de Natali Kaufmann sur des compiles 80 (Lover, Jamais j’oublierai ça jamais et Un peu de chaleur humaine) et depuis 2019 deux singles sont disponibles sur les plateformes digitales : Jamais j’oublierai ça jamais et Lewis.


Patricia Zamler

Patricia Zamler Pop Music Deluxe

La carrière de Patricia Zamler démarrait sous les meilleurs auspices puisque c’est sous le parrainage de François Feldman que sort son premier 45 tours en 1984. Feldman, qui réalise des disques pour d’autres artistes en attendant le succès, lui écrit Impatience impatience avec son complice Jean-Marie Moreau, une chanson qui décrit les déboires d’une jeune femme avide de célébrité, refusant les compromis et propositions malhonnêtes. La chanteuse est renommée Roxane pour l’occasion et le morceau synthé funky sort couplé à Secret d’état. La chanson va se faire remarquer et devient même un petit succès fin 1984. Un clip assez rudimentaire est tourné (François Feldman y fait d’ailleurs une apparition) et pour booster le titre une nouvelle version sort en 1985, un remix un peu plus pop/rock accompagné d’une version longue en maxi. Commercialisée également en Europe et au Canada, la chanson ne dépassera toutefois pas le succès d’estime.

Mais Patricia n’a pas dit son dernier mot et une nouvelle opportunité lui est proposée en 1988 sur le label Sphex. Après la recherche de la célébrité, elle part cette fois en quête de l’amour. Toujours suivie par Jean-Marie Moreau à l’écriture, son nouveau disque s’appelle T’aurais pas vu l’amour, composé par Sacha Chaty, collaborateur (ou pseudonyme ?) de Sara Mandiano qu’on reconnaît d’ailleurs dans les choeurs du morceau, et mixé par Thierry Rogen. Accompagné d’une version instrumentale et d’une version longue en maxi, le titre, pourtant sympathique, ne fera pas de vagues, même après sa ressortie sous une nouvelle pochette en 1989.

La même année, on persévère avec ce qui sera le dernier essai de Patricia Zamler. Souviens-toi des mots, cette fois sur le label Agone, est fait par la même équipe que le précédent, à cette différence près que cette fois c’est la chanteuse qui signe le texte. A nouveau version longue remix et version instrumentale sont disponibles sur maxi 45 tours et CD single pour un résultat qui ne satisfait pas les attentes et signe l’arrêt de cette brève carrière.

Aux dernières nouvelles en 2013, Patricia Zamler était monitrice d’auto-école et sophrologue.

Aujourd’hui, on retrouve T’aurais pas vu l’amour sur quelques compiles 80 et un Best of Patricia Zamler comprenant T’aurais pas vu l’amour et Souviens-toi des mots accompagnés de leurs versions longues respectives est disponible sur les plateformes digitales.

5 commentaires

  1. Grâce à vous, je viens de découvrir que Roxane et Patricia Zamler étaient une seule et même personne. Énorme tendresse pour toutes ces chanteuses, en effet. Hâte de découvrir les futurs portraits (Do Piano ? Zahia ? Linda William’ ? Hâte !) Je me permets de vous demander si vous avez des pistes suite à votre avis de recherche sur Sara Mandiano ? Je viens de lire sur Wikipédia qu’elle aurait ouvert un hôtel à Nice avec son mari. Vous devez sûrement l’avoir lu aussi, j’imagine. Vrai ? Faux ? En attendant, bon courage en cette période de confinement ! 😉 Frédéric

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  2. SARA MANDIANO Alias Françoise CASTELLANI épouse CHACHATY avait un hôtel à Nice jusqu’en 2018 effectivement. Aujourd’hui, elle est Directeur général de l’entreprise CP HOTELLERIE INVESTISSEMENTS SAS -47 Rue de Courcelles – 750078 PARIS

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