Communards – So Cold the Night

Communards So Cold the Night Pop Music Deluxe

Jimmy Somerville connaît un début de carrière aussi fulgurant que fugace avec le groupe Bronski Beat dont le premier 45 tours, Smalltown Boy, est un énorme tube en 1984. Une poignée de singles et un album plus tard, le jeune homme quitte le groupe à l’été 1985 pour cause de tensions. Mais Jimmy ne reste pas inactif longtemps. Il a rencontré entre-temps un autre jeune musicien, Richard Coles, lors d’un rassemblement de jeunes activistes déterminés à faire avancer la cause homosexuelle. Jimmy est rapidement séduit par la formation classique et la dextérité de Richard au piano qui lui donnent envie de s’engager dans un projet musical plus acoustique. Les deux garçons commencent dès lors à travailler ensemble et à écrire des chansons alors même que Jimmy est toujours actif au sein de Bronski Beat. Il n’en faudra donc pas beaucoup pour que les liens qui l’attachent encore au groupe ne se dénouent et qu’il se lance avec ferveur dans ce nouveau projet qui se veut toujours engagé politiquement. Assumer publiquement son homosexualité et réclamer ses droits est, comme on s’en doute, une marque de courage au début des années 80 et les deux garçons nommeront leur nouvelle formation Communards en hommage à La Commune de Paris, période insurrectionnelle de l’Histoire de France.

Le but est de faire passer un message à travers la musique et le premier album de Communards réussira à faire danser les foules sur des textes qui célèbrent l’amour entre hommes, qu’il soit brimé et caché ou bien passionnel et extraverti. Pour cela Jimmy fait appel à Mike Thorne qui a déjà produit les premiers tubes de Bronski Beat. En plus des synthés, le son de Communards se caractérise par sa section de cuivres, de cordes et ses chœurs féminins qui mettent en valeur la puissance vocale de Jimmy Somerville.

Enregistré à New Yok, les deux premiers 45 tours de Communards (You Are My World et Disenchanted) seront des succès d’estime avant le raz-de-marée de Don’t Leave Me This Way, une reprise de Harold Melvin & the Blue Notes, qui devient le morceau le plus vendu de l’année 1986 au Royaume-Uni.

Pour le quatrième single, on mise sur So Cold the Night, à nouveau une composition dansante mais dont la mélodie rappelle le Moyen-Orient. Le texte y est explicitement érotique et Jimmy, qui épie son amant par la fenêtre, imagine les caresses réciproques qu’ils s’échangent sur leurs peaux dénudées. Simple voyeurisme ou fantasme de la relation prohibée, le texte garde son ambiguïté.

Communards So Cold the Night maxi Pop Music Deluxe

Comme d’accoutumée un grand soin est apporté aux versions longues du morceau pour le maxi 45t. Trois en seront éditées : une version longue de 9 mn 15, sa version instrumentale et un remix club de 8 mn 20. Pour ces versions réservées aux discothèques, Jimmy a demandé à Mike Thorne de créer un couplet dans une langue inventée. Grâce à son matériel dernier cri, le technicien sera en mesure de découper les paroles du chanteur en petits segments dont certains seront joués à l’envers, créant ainsi l’effet désiré sans modifier la mélodie. Autres surprises qu’on trouvera sur le maxi, deux morceaux inédits : When the Walls Come Tumbling Down (dédié à Nelson Mandela) et Never No More (reprise de la chanteuse de country Patsy Cline). Sur une idée de Jimmy, la pochette du single présente le portrait d’un homme dans la pénombre dont on ne distingue que la silhouette. Sous ce nez grec et ces traits virils se cache en fait un mannequin français photographié par Patrick Sarfati, spécialiste des corps masculins.

Après trois clips distillant quelques clins d’œil plus ou moins marqués à la communauté gay, celui de So Cold the Night, au texte plus cru, se fait paradoxalement plus sage. Tourné à Notting Hill Gate, on y voit Jimmy, tout de jean vêtu, se déhancher dans un décor rappelant l’aspect oriental de la mélodie et dirigé par Andy Morahan (repéré pour son travail avec Pet Shop Boys, Wham! et OMD).

So Cold the Night est un nouveau succès pour Communards : n°8 au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, n°10 en Suisse, n°14 en Allemagne et n°17 en France en mai 1987. La même année, Never Can Say Goodbye, extrait du deuxième et dernier album du groupe, sera un nouveau tube avant que Jimmy Somerville ne s’échappe à nouveau pour une aventure en solo.

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