Douchka – Élémentaire mon cher Baloo

En 1984, le producteur Humbert Ibach, qui est notamment à l’origine du succès de Karen Cheryl, vient de signer un gros contrat avec Disney afin de lancer une ambassadrice de l’univers de Mickey en France. Ibach, qui pressent évidemment tout le potentiel d’une telle opportunité, pense en premier lieu à sa protégée, Karen Cheryl. Mais celle-ci, après presque dix ans passés sous la coupe de son producteur, souhaite voler de ses propres ailes, refuse le contrat et entame une procédure de séparation définitive de celui qui a fait d’elle une vedette. Chantal Goya et Dorothée ont déjà représenté ponctuellement Disney (Allons chanter avec Mickey, Rox et Rouky…) et, ayant toutes deux des carrières florissantes, ne souhaitent pas s’enfermer dans cet univers somme toute un peu restrictif. Ibach organise alors une audition de trois jeunes filles : Françoise Gaume, Ginni Gallan et Douchka Esposito, sa propre belle-fille en qui il ne croit pas vraiment mais qui, contre toute attente, s’avère la plus convaincante. Fille des acteurs Pascale Petit et Gianni Esposito, elle a déjà 20 ans mais doit en paraître 16 pour endosser le costume de jeune fille bien comme il faut qu’on lui a dessiné, tout comme la biographie fictive qu’on lui demande de servir aux médias.

Après plusieurs mois de préparation où l’on façonne le look et le personnage Douchka, un premier 45t, Mickey, Donald et moi…, est dans les bacs en 1984 et s’impose comme un succès avec plus de 400 000 ventes. Ibach surfe sur la recette Karen Cheryl en mettant à nouveau à contribution sa batterie d’auteurs-compositeurs maison (Didier Barbelivien, Claude Lemesle, Charles Rinieri…) responsables des succès de Karen. Les productions restent d’ailleurs dans la même veine, tout comme les arrangements, le traitement très similaire de la voix et des chœurs. Au milieu des reprises de chansons des classiques Disney, on trouve aussi dans le répertoire de Douchka des compositions originales et des adaptations de succès étrangers. Ce sera le cas de Mickey, Donald et moi…, adaptation d’un succès mexicain de Luis Miguel, et de Élémentaire mon cher Baloo, le deuxième 45t de Douchka qui sort en même temps que son premier album.

Le choix du personnage du dessin animé Le Livre de la jungle n’est pas tout à fait anodin puisqu’il colle parfaitement à l’ambiance générale groovy et tropicale du morceau original : There’s Something Wrong in Paradise de Kid Creole and the Coconuts. Le groupe américain inspiré des big bands a connu le succès en 1982 avec les singles I’m a Wonderful Thing, Baby et Annie, I’m Not Your Daddy et sera classé au Top 50 en 85 avec Endicott et en 88 avec Pepito. En 1983, There’s Something Wrong in Paradise est un petit succès au Royaume-Uni mais passe relativement inaperçu en France, c’est donc l’occasion de s’emparer d’un morceau efficace et d’y coller des paroles en rapport avec l’univers Disney. C’est Claude Lemesle et Humbert Ibach en personne qui s’y attellent tandis que Jean Claudric se charge des arrangements et donne un petit coup de jeune au morceau original en lui insufflant le côté vitaminé véhiculé par Douchka. A l’occasion de la promotion de son nouveau 45t, Douchka troque sa fameuse robe écossaise rouge pour un kilt jaune et des socquettes blanches. Le 45t est envoyé aux médias dans une pochette blanche avec le logo de la chanteuse et sort dans le commerce avec une photo de Bernard Leloup, photographe du magazine Salut. En face B on y trouve Bambi, un titre original extrait du premier album de la chanteuse.

Le succès est à nouveau au rendez-vous puisqu’Élémentaire mon cher Baloo entre au Top 50 le 29 décembre 1984 alors que Mickey, Donald et moi… y est toujours classé. Deux semaines plus tard ce dernier est encore 26e et Élémentaire mon cher Baloo atteint la 11e place, son meilleur classement. Le début d’une série de tubes pour l’ambassadrice Disney qui classera cinq autres 45t jusqu’en 1988 et enregistrera quatre albums pour Ibach et Disney. En 1985 lors des toutes premières Victoires de la musique, Douchka est nommée dans la catégorie disque pour enfant avec son premier album. Face à elle on retrouve les doyennes Dorothée, avec son album éponyme de 85, et Chantal Goya, avec son « live » Le Mystérieux voyage de Marie-Rose. Malheureusement pour Douchka, c’est Dorothée qui remportera le trophée.

A 20 ans passés, Douchka rêve d’une carrière à la Madonna, ou encore Sandra, qui sont de véritables modèles pour elle à l’époque. Au moment de reconduire son contrat avec Disney elle se retire espérant pouvoir faire évoluer sa carrière comme elle l’entend. Elle posera la première pierre du parc Disneyland Paris à venir et passera le relai à Anne (qui avait déjà fait des chœurs sur l’un de ses 45t), qui ponctuera le début des années 90 de ses propres tubes estampillés Disney.

Aujourd’hui, après avoir publié un album de chansons pop en 2009 et une autobiographie en 2011, Douchka reprend son répertoire Disney lors de spectacles ponctuels et prépare un album hommage à son père Giani Esposito.

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