Les succès de 1981 (1)

Retour en 1981 à travers cinq succès qui ont ponctué l’année musicale et qui ont figuré parmi les meilleures ventes.

Sparks – When I’m With You

Sparks When I'm With You Pop Music DeluxeAprès le coup de génie de l’album Kimono In My House en 1974, les Sparks vont avoir beaucoup de mal à maintenir l’intérêt du grand public sur les disques suivants. Mais en 1979, c’est Giorgio Moroder qui remet les deux frères Mael sur les rails avec l’album N°1 in Heaven, troquant évidemment le glam rock des débuts pour la disco alors toujours tendance. Une réussite qui va évidemment se poursuivre avec un autre album en 1980, Terminal Jive, où cette fois Moroder va surtout laisser faire son fidèle collaborateur Harold Faltermeyer qui se tournera vers un son plus new wave. L’enregistrement s’avère nettement moins évident pour les deux frères qui souffrent d’une créativité bridée. On refuse en effet nombre de leurs compositions pour des mélodies plus commerciales et la seule chanson qui en réchappe est When I’m With You qui devient le premier 45 tours en janvier 1980. Le single et l’album seront des flops partout sauf en France où, en janvier 1981, When I’m With You est numéro 4 et dépasse les 500 000 ventes !

Jacques Dutronc – Le Temps de l’amour

Jacques Dutronc Le Temps de l'amour Pop Music DeluxeLorsqu’il quitte Vogue, son label historique, pour opérer son retour cinq ans après son dernier album, Jacques Dutronc s’adjoint les services de son ami Serge Gainsbourg pour écrire plus de la moitié des textes de ce qui va devenir Guerre et Pets. Si le premier single extrait, L’Hymne à l’amour (moi l’nœud), va passer relativement inaperçu, c’est la reprise d’un standard dont il est à l’origine qui deviendra le succès de l’album. Dutronc décide en effet d’enregistrer sa propre version du Temps de l’amour, un instrumental baptisé Fort Chabrol qu’il a composé pour son groupe mais qui est enregistré par Les Fantômes en 1962. C’est cependant avec le texte de Lucien Morisse et d’André Salvet que la chanson va se faire connaître, d’abord enregistrée par quelques interprètes masculins avant d’être véritablement popularisée par Françoise Hardy, future compagne de Dutronc, qui en fait un tube fin 1962. Dutronc choisit d’en livrer une interprétation radicalement différente puisqu’on l’entend vociférer sur un arrangement Hi-NRG. Une curiosité qui dépassera les 80 000 ventes.

Daniel Balavoine – Mon fils ma bataille

Daniel Balavoine Mon fils ma bataille Pop Music DeluxeChanson qui fait écho à l’histoire personnelle de Balavoine, Mon fils ma bataille traite du sujet délicat du divorce, comme l’a fait récemment ABBA avec The Winner Takes it All, et de la garde des enfants, comme dans Kramer contre Kramer de Robert Benton sorti en février 1980 en France. S’il cite en effet le film en référence, c’est surtout l’histoire de son guitariste qui inspire au chanteur cette chanson qu’il fera d’abord écouter à son ami Michel Berger. Le morceau aurait pourtant bien pu ne pas figurer sur l’album Un autre monde qui sort au même moment car son auteur hésite, trouve le sujet délicat et le traitement démagogique. Fort heureusement il n’en est rien et Balavoine viendra présenter son nouveau single pour la première fois le 15 novembre lors du Numéro 1 consacré à France Gall et Michel Berger. Mon fils ma bataille est un succès immédiat qui se classe 5e des ventes et égalise le score du Chanteur en 1978 en écoulant 500 000 galettes.

Stevie Wonder – Master Blaster (Jammin’)

Stevie Wonder Master Blaster Pop Music DeluxeAprès la déconvenue de son album de 1979 dont il rend partiellement responsable sa maison de disques Motown, Stevie Wonder se remet au travail en 1980 sur un album qui va durablement consolider sa carrière en ce début de décennie. Le premier morceau qu’il écrit sera Master Blaster (Jammin’), un coup de chapeau à son ami Bob Marley et à son message pacifique, à travers notamment des influences clairement reggae et un clin d’œil à Jamming, chanson de Marley parue en 1977. Publié en septembre 1980 après que Stevie ait eu l’occasion de tester son nouveau morceau sur scène, Master Blaster est accompagné d’un vidéo clip tourné quelques jours plus tôt dans une Wembley Arena vide de public durant une série de concerts londoniens. La chanson est un tube : n°1 aux Etats-Unis, n°2 au Royaume-Uni, n°4 en France avec 400 000 ventes, lançant l’album Hotter than July sous les meilleurs auspices. Wonder et Marley avaient l’envie d’un grand concert en commun mais, atteint d’un cancer, Marley s’éteindra en mai 1981.

Julio Iglesias – Il faut toujours un perdant

Julio Iglesias Il faut toujours un perdant Pop Music Deluxe« Je ne sais plus si on m’aime pour moi ou pour ce que je représente. Une chose est certaine : je n’abandonnerai jamais la France et les Françaises, car je les aime trop pour les quitter ainsi », déclare Julio Iglesias en 1981. Il est vrai que depuis que le latin lover enregistre en français les tubes ne cessent de s’enchaîner et la télévision française lui consacre très régulièrement des émissions spéciales. Le succès de cet hiver 1980/81, Il faut toujours un perdant, est une adaptation de Hey (extrait de son dernier album en espagnol paru parallèlement en 1980) signée de la plume de Michel Jourdan. Si la version en espagnol décroche la première place en Espagne, la version française quant à elle va dépasser les 300 000 ventes et l’album Sentimental, dont le 45 tours est extrait, sera à terme certifié diamant ! La chanson aura droit également à sa version en allemand (Mit Tränen in den Augen ist man blind), en portugais, en italien, et plus tard en anglais avec à la clef une 31e place au Royaume-Uni en 1983. 

45 tours sélectionnés à partir des classements réalisés par le site Top France.

Un commentaire

  1. Impossible pour moi de considérer « Master Blaster » et « When I’m with you » (2 titres que j’aime beaucoup) comme des hits de 1981, ils sont avant tout, à mon sens, des tubes du dernier trimestre 1980 malgré une jolie continuité en janv/fév; en tout cas, c’est à l’automne 80 que je les associe. J’ignorais à quel point le single des Sparks avait sévèrement bidé presque partout ailleurs dans le monde, cela prouve une fois de plus le flair de Carrère qui a eu la bonne idée de le distribuer en France.
    Eh bien, je rejoins un peu la première impression Daniel B., j’ai toujours trouvé « Mon fils ma bataille » un chouia démago, je ne la déteste pas mais c’est loin d’être ma préférée dans son répertoire.
    Euh… « Le Temps de l’amour » dans la rubrique des « succès de 81 » ? 😉 Je crois que vous avez utilisé le bon terme et qu’il serait très sympa de créer une série « Curiosités » 80, 81, 82… 😉
    « Une chose est certaine : je n’abandonnerai jamais la France et les Françaises », ben Julio n’a pas franchement tenu parole, on ne l’a plus beaucoup vu chez nous après l’album suivant sorti en 82 jusqu’à son retour en France dans les années 2000. À titre perso, je le trouvais plus charmant sur la pochette du single précédent, un portrait souriant qui a également servi pour l’album. 😉

    Merci PMD !

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