Texas – I Don’t Want a Lover

L’histoire du groupe Texas débute en Écosse, à Glasgow plus précisément, à l’initiative du bassiste Johnny McElhone. Après avoir intégré quelques formations et décroché une poignée de tubes avec Altered Images puis Hipsway, le musicien souhaite fonder son propre groupe et auditionne dans son entourage. Son frère lui présente une jeune femme d’à peine vingt ans pour qui la musique est un passe-temps qu’elle n’envisage pas encore comme un métier. Elle s’appelle Sharleen Spiteri, est coiffeuse (et bien contente d’avoir décroché un job dans une ville où le taux de chômage est élevé), et vient présenter à McElhone une interprétation du tube de Culture Club Do You Really Want To Hurt Me. Convaincu par la voix de la jeune femme, Johnny débute avec Sharleen l’aventure Texas, ainsi baptisé en hommage au film Paris, Texas de Wim Wenders et surtout à sa BO mythique jouée par Ry Cooder. 

Avant même d’avoir eu le temps de recruter d’autres membres, Texas est en contrat chez Mercury et signe sa toute première composition, I Don’t Want a Lover. Si l’écriture de Sharleen s’aventure naturellement vers la thématique des amours déçus, dans I Don’t Want a Lover elle affirme qu’elle a besoin d’autre chose que de l’amour physique : un amour spirituel, une âme-sœur, un meilleur ami. 

La chanson est d’abord testée en live, comme d’ailleurs la plupart des morceaux qui composeront le premier album, dans des salles où l’affluence est relative, le groupe n’étant pas encore connu. Un voyage à Los Angeles est organisé afin de travailler sur quelques morceaux avec Bernard Edwards, légendaire producteur de Chic, Diana Ross et Sheila, entre autres. Mais la tête ailleurs et pris par des problèmes personnels, rien de concret n’émerge des sessions avec le producteur et le groupe repart bredouille après un mois de travail, une déception au goût amer pour Sharleen. Mais loin de s’avouer vaincu, Texas prend son destin en main et décide de produire lui-même son premier album avec toutefois l’aide de Tim Palmer (Kajagoogoo, Limahl, Robert Plant…) qui prend en charge la quasi-totalité du disque et notamment le premier single I Don’t Want a Lover.

Le 45 tours est dans les bacs en janvier 1989 et les premières notes du morceau jouées à la slide guitar font directement référence à la musique de Paris, Texas. Un hommage audacieux qui permet à ce mélange de folk et de rock porté par la voix sensuelle de Sharleen de faire mouche immédiatement. « I Don’t Want a Lover impose aux classements british son beat infernal de wild west show. (…) Texas distille la country et le blues US pour y injecter sa touche pop écossaise », écrit Gérard Bar-David dans Best en avril 1989.

Avec un clip à petit budget qui marque surtout par ses gros plans sur le visage de la chanteuse et de sa mèche rebelle, I Don’t Want a Lover déroche en effet la 8e place des charts au Royaume-Uni. En Europe continentale c’est le début d’une longue histoire d’amour avec la France où une 11e place est obtenue en septembre. Texas va même promouvoir son single aux États-Unis mais ne fait pas mieux qu’une 77e position, ce qui reste jusqu’à aujourd’hui le seul classement d’un single du groupe dans le top 100. 

Fait notable, sur la pochette du single ce n’est pas Sharleen qui apparaît (ce qui deviendra une coutume un peu plus tard) mais Johnny. Sur la face B du 45 tours on trouve le titre Believe Me produit avec Kenny McDonald et qui ne sera pas repris sur l’album (débutant ainsi une longue série de faces B exclusives). Sur les maxi 45 tours et maxi CD on trouve en plus All in Vain (autre titre exclusif au single) ainsi que la version album d’I Don’t Want a Lover (qui avait été raccourcie sur le 45 tours).

L’album Southside est commercialisé en mars 1989 au Royaume-Uni où il reçoit de bonnes critiques et se vend à plus de 100 000 exemplaires. En France l’accueil est encore meilleur et les ventes dépassent les 300 000 unités. Une tournée y est organisée dès décembre et Texas se produit à Lyon et à Paris avant de jouer aux Eurockéennes de Belfort en juin 1990. 

Les trois singles suivants auront un impact bien moindre à l’exception d’Everyday Now qui fait un parcours correct en France en atteignant la 25e place du Top 50. Après ce coup d’éclat, la trajectoire de Texas se fait beaucoup plus discrète à l’image des albums Mothers Heaven et Ricks Road qui marcheront presque uniquement en France. 

Mais en 1997, le retour du groupe avec White on Blonde et sa flopée de tubes pop (Say What You Want, Halo, Black Eyed Boy…) confirme le renouveau de Texas. 

Remixée en 2001 pour la sortie d’un best of, la nouvelle version de I Don’t Want a Lover ne supplantera pas l’originale. En 2020, Texas dévoile sur les plateformes digitales la maquette originale de la chanson ainsi que son premier mixage signé Bernard Edwards.

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