Indra – Let’s Go Crazy

Indra Kuldasaar est née en Suède de parents estoniens. Sportive accomplie dès son plus jeune âge, la jeune fille prend des cours de danse classique pendant plusieurs années tout en cultivant ses rêves de gloire à travers l’observation méticuleuse des stars de la pop suédoise à la télé. Elle sait qu’elle veut devenir célèbre mais pas encore comment y parvenir. Ses capacités linguistiques (elle parle plusieurs langues) lui permettent de travailler comme traductrice et c’est en suivant un amoureux qu’elle découvre Paris en 1987 alors qu’elle est tout juste âgée de 20 ans.

Elle décide de s’y installer et cumule les petits jobs, prend des cours de théâtre, tandis que sa plastique de jolie blonde scandinave lui permet de poser en tant que mannequin. Indra fréquente assidument les clubs en vogue de la capitale. C’est d’ailleurs au Garage qu’elle fait la connaissance de Paul Taiclet, gérant de l’établissement et producteur occasionnel qui démocratise la musique house dans les clubs hétéros. Il lui demande si elle sait chanter aussi bien qu’elle danse… la jeune femme n’a jamais chanté mais qu’importe, Taiclet lui fait enregistrer une maquette sur le titre Let’s Go Crazy.

Ce sera le Belge Pascal Maton qui offrira à Indra son premier 45t et son premier tube. Maton a déjà à son actif quelques productions new beat et euro house, notamment avec son groupe Hypnoteck qui a sorti quelques singles (Techno Sound, Mr. New Beat…) en 1989 et dont les quatre membres vont signer Let’s Go Crazy. La chanson sera d’ailleurs enregistrée et mixée par Maton en Belgique et agrémentée d’un rap par Punchy Anderson, autre artiste produit par Hypnoteck. La musique dance commence à percer en Europe, et notamment les productions locales : Technotronic pour la Belgique, Snap ! pour l’Allemagne, Black Box et Double Dee pour l’Italie… En France Nicolas Skorsky produit l’Australienne Rozlyne Clarke et son mégatube Eddy Steady Go et Yta Farrow fait déjà une tentative dance bien avant le carton de Le monde est dans tes yeux en 1997 qui sera également produit par Paul Taiclet.

Une fois la maquette en poche, Taiclet prend contact avec Orlando, le frère de Dalida, sur les conseils de Max Guazzini (président du groupe NRJ). Orlando est en effet à la tête de son propre label sur lequel il a signé Melody, Les Vagabonds et déjà des remixes des tubes de sa sœur. Il accepte de prendre la carrière d’Indra en mains et sort son Let’s Go Crazy en 1990.

Armé de remixes adéquats, le morceau démarre sa longue carrière en clubs dès le mois de novembre et se classera parmi les cinq meilleures diffusions. Très vite c’est le succès commercial qui suit avec une entrée au Top 50 en janvier 1991 et une 11e place décrochée fin février. Indra danse, chante et rappe dans le clip de la chanson forcément réalisé en discothèque. Quatre mixes différents sont pressés sur CD et maxi 45 tours et l’instrumental en face B du 45t. En Europe Let’s Go Crazy est commercialisé avec une pochette différente mais sans succès. La machine est toutefois lancée en France où Indra installe sa carrière alors qu’elle restera inconnue dans son propre pays, pourtant peu avare de tubes dance.

Pour faire suite à Let’s Go Crazy, Orlando fait appel à Walter Taieb (alias Beatboxking), l’autre producteur de Eddy Steady Go, qui compose et arrange la quasi-totalité du premier album d’Indra et permet à la chanteuse de véritablement exploser avec une euro house aux refrains plus mélodiques. Indra accède ainsi à la première place des clubs et la 7e du Top 50 avec consécutivement Misery et Temptation en 1991. Son premier album sera couronné d’un disque d’or et la chanteuse est invitée du jour au lendemain à assurer la première partie de Prince à Bercy.

Évince du premier album, Pascal Maton, après avoir travaillé avec Norma Ray et François Feldman, retrouvera toutefois Indra en 1998 sur un titre de son album You and Me.

Après six albums et un best of, Indra a participé à la tournée Génération Dance Machine et est revenue à ses premières amours, la comédie, puisque c’est sur les planches qu’on a pu la voir à l’affiche de comédies telles que Le Club des célibataires ou Ma femme s’appelle Maurice, ou encore tout récemment sur le petit écran dans la série Influences sur NRJ12.

2 commentaires

  1. Merci pour cet article, toujours très instructif. C’est toujours étonnant en effet que certains artistes connaissent le succès dans un pays, mais soient totalement ignorés dans d’autres. La faute aux diffuseurs plus qu’aux auditeurs, non ?
    Quoiqu’il en soit, pour Indra, je suis curieux (ou non…) de savoir à quoi ressemblent ses SIX albums !!

    Aimé par 1 personne

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