Patricia Kaas – D’Allemagne

Patricia Kaas a à peine 21 ans lorsque qu’elle fait sa première apparition au Top 50 en novembre 1987 avec Mademoiselle chante le blues. Un premier tube qui n’est pourtant pas un coup d’essai. En effet la jeune femme, qui chante depuis qu’elle a 8 ans entre la France et l’Allemagne (elle habite près de Forbach, ville frontière), passe parfois des auditions en espérant décrocher un contrat. C’est après s’être présentée chez Phonogram à Paris qu’on parle d’elle et de sa voix étonnamment mature à François Bernheim, auteur-compositeur pour Renaud et Gérard Lenorman. Intrigué par la cassette démo qu’on lui remet, il fait le déplacement jusqu’en Allemagne spécialement pour entendre Patricia chanter dans un cabaret.

Séduit, Bernheim, par l’intermédiaire de son amie Élisabeth Depardieu avec qui il écrit des chansons, va convaincre l’acteur Gérard Depardieu de produire un 45t pour Patricia Kaas. Ce sera Jalouse qu’il co-écrit avec Joël Cartigny et Élisabeth Depardieu et qui sort en 1985 sans vraiment faire de vagues. La voix et la personnalité de la jeune chanteuse intéressent mais il lui manque la bonne chanson qui la fera décoller. Au cours de quelques soirées parisiennes, Patricia croise Didier Barbelivien. Quand François Bernheim lui demande une chanson pour sa protégée, même un fond de tiroir, l’auteur prolifique pense à Mademoiselle chante le blues qu’il n’a pas réussi à caser, ni à Nicoletta ni à Michèle Torr.

Il faudra plusieurs mois avant que le 45t ne s’impose sur les radios et dans le cœur du public mais le morceau, qui colle parfaitement à la personnalité de son interprète, grimpe jusqu’à la 7e place du Top en janvier 1988. Une carrière est lancée. Il faut cependant penser très vite à un second 45t pour Patricia qui vient d’assurer la première partie de Julie Pietri à l’Olympia avec seulement deux chansons. François Bernheim et Didier Barbelivien s’unissent alors pour lui concocter une chanson sur mesure : D’Allemagne.

La jeune artiste qui a appris à parler l’allemand avant le français, se reconnaît immédiatement dans le texte et déclarera : « J’ai pensé que Barbelivien était davantage qu’un simple auteur-compositeur : il m’avait écrit un texte tout à fait autobiographique… sans vraiment m’avoir rencontré ». Les auteurs y font bien sûr allusion à l’Histoire mais glissent également des références qui résonnent pour un large public (Lily Marlène, Göttingen…), le tout sur une musique ambiance piano-bar qui assoie le style Kaas qu’on compare déjà à une Piaf.

D’Allemagne est commercialisé au printemps 1988 en 45t, maxi 45t et CD single. Au programme on trouve une face B, Chicanos, devenue aujourd’hui une rareté puisque non reprise sur l’album, ainsi qu’une version longue du morceau titre. Tout comme Mademoiselle chante…, D’Allemagne est réalisé et arrangé par l’incontournable Bernard Estardy (Michel Sardou, Claude François, Johnny Hallyday…). Sans toutefois bénéficier d’un clip, D’Allemagne est rapidement un succès (Patricia étant très présente sur les plateaux télé), entre au Top fin mai et culmine à la 11e place en juillet. Patricia fait forte impression auprès des professionnels et les récompenses ne vont pas tarder à pleuvoir. D’Allemagne reçoit l’Oscar de la Sacem de la meilleure chanson et son interprète reçoit la Victoire de la musique de la révélation de l’année (elle interprète en direct D’Allemagne lors de la cérémonie).

Un premier album est enfin mis en chantier et sort fin 1988. Quasi entièrement écrit et composé par le tandem Bernheim/Barbelivien, il se vendra à plus d’un million d’exemplaires rien qu’en France et produira trois autres tubes : Mon mec à moi, Elle voulait jouer Cabaret et Quand Jimmy dit. Mais le succès ne se limite pas à la France et Patricia démarre très vite une carrière internationale. Après avoir eu les honneurs de la face A, D’Allemagne se retrouvera en face B de Vénus des abribus, 45t pressé uniquement pour le marché allemand. Cette chanson faisait partie des maquettes proposées à Patricia à l’époque de Jalouse et comme elle l’aimait beaucoup elle décidera de l’enregistrer pour son album.

Devenu un incontournable, D’Allemagne sera systématiquement interprétée sur scène lors des tournées de la chanteuse.

3 commentaires

  1. Merci pour cet article, intéressant et instructif. Je me demande encore comment vous obtenez certaines infos (les « fonds de tiroir » demandés, vous l’avez su comment ? Par une interview du compositeur ?)
    J’aime beaucoup cette chanson, d’Allemagne, mais aussi la face B, dont j’ai été surpris de constater l’absence sur l’album, 45 tours que j’ai acheté à l’époque, influencé évidemment par les passages radio et le Top 50. Et j’ai découvert « Jalouse » bien plus tard, grâce à internet et à des sites comme « Top moumoutte ». J’aime beaucoup cette chanson, et je me rends compte du poids énorme des programmateurs radio qui pouvaient faire ou défaire des succès…

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  2. La version 45 Tours et album est un montage des deux mixages de la chanson. Elle débute par la fin de l’intro du maxi, en fade in, et se conclue par la version courte. La transition à lieu juste avant le solo de pseudo trompette pour enchainer avec la dernière partie vocale de la version courte. On trouve les deux mixages complet sur le maxi 45 Tours et CD Single.
    Quand à Chicanos, la face B, on la retrouve aussi sur le CD Single de « Quand Jimmy dit ».
    Et pour conclure, la face B de « Mademoiselle chante le blues », « Patricia voudrait bien » ne se trouve pas non plus dans l’album. Deux pochettes légèrement différentes existent de ce 45 Tours, même photo mais lettrage différent.

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