Interview – Frédéric Mercier / Movie Music : Stars de la pub

Musicien autodidacte, Frédéric Mercier va accompagner à la guitare de grands noms de la chanson dans les années 70 (Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, entre autres). Passionné par les machines et les synthétiseurs, il commence très tôt à composer ses propres morceaux et sort quatre albums de musique électronique entre 1978 et 1986. En parallèle, avec son complice Fabrice Cuitad (alias David Fairstein, qui travaillera notamment pour Enigma), il lance de nombreux projets comme White Soxx, Captain Mustard, Lafayette, ou encore Movie Music qui connaît un joli succès en 1982 avec Stars de la pub, morceau choisi par François Ozon pour illustrer son film Été 85, succès de cet été 2020. Parcours d’un artiste généreux, qui prend un plaisir évident et communicatif à se remémorer ses nombreuses collaborations…

Qu’est-ce qui vous a amené vers la musique ? Avez-vous suivi une formation ?

Ce qui m’a amené à la musique c’était un « besoin vital ». J’ai grandi en région parisienne, personne dans ma famille n’était dans la musique. J’ai commencé dans une fanfare, j’ai joué du tambour, du clairon, je piquais le banjo de mon frère, et puis, pour un Noël, ma mère m’a acheté une guitare et ça ne s’est plus arrêté. Je suis un autodidacte, tout ce que je fais je l’apprends tout seul, c’est ma technique personnelle, c’est un état d’esprit. Mon premier choc musical c’était avec mon frère aîné qui écoutait de la musique New Orleans, ça m’a bouleversé, et ensuite ça a été le titre Apache des Shadows que j’ai entendu pour la première fois dans les autos-tamponneuses de la fête foraine locale. J’ai tout de suite voulu apprendre leurs morceaux. J’ai gratté, cherché, et j’ai appris à jouer de la guitare. J’allais les voir à l’Olympia et après je faisais 30 kilomètres à pied pour rentrer chez moi parce qu’il n’y avait plus de métro. Et il y avait aussi cette guitare, cette stratocaster « Fiesta red » que je ne pouvais pas me payer. Je passais deux heures devant la boutique à Paris à la regarder et depuis j’en ai acheté quatre (rires). Ensuite j’ai joué dans des groupes amateurs, l’un des premiers s’appelait les Mystères. Mais très rapidement je me suis trouvé limité en banlieue, je ne trouvais pas les musiciens avec lesquels je pouvais progresser et, après avoir déposé une annonce dans une boutique à Paris, j’ai rencontré Christian Vander, le batteur et créateur de Magma, et j’ai fait mon premier groupe avec lui, les Landlords. Après les Shadows, je suis passé bien évidemment aux Beatles et tout ce qui était anglais me passionnait. L’Angleterre c’était hallucinant, tous les jours il y avait un tube fabuleux qui sortait. Ensuite je suis passé au rhythm and blues, Otis Redding, Booker T., Steve Cropper, puis j’ai appris à jouer ça et j’ai beaucoup tourné, dans les boîtes, en France, en Belgique…

Époque « Stars de la pub », tournage télé.

Vous devenez ensuite musicien de studio et vous composez pour Eddy Mitchell, Les Charlots…

A l’époque les musiciens ne faisaient pas de carrières, ils jouaient derrière les artistes, donc moi je faisais beaucoup de tournées. J’ai commencé très jeune et j’ai accompagné plein de gens… Avec Eddy Mitchell ça a commencé par une engueulade. Il avait un tour de chant extrêmement compliqué à jouer pour un guitariste, et moi je suis arrivé sans en mettre une en place et à la première répétition il me dit que ça ne marche pas. Moi je lui réponds : « Écoute, toi tu n’as pas de temps à perdre, moi non plus, je n’ai pas le temps de répéter pendant trois semaines parce je suis en studio en ce moment… ». Tu faisais pas le tour d’Eddy Mitchell à la première lecture, c’était très complexe, il y avait notamment des arrangements écrits par un trompettiste de jazz, Yvan Jullien. Et là il me dit : « Mais non, mais pas du tout, allez je t’invite au resto et on va en parler ». Et en fait on a hyper sympathisé et on est devenus les meilleurs amis du monde ! Et le plus drôle c’est que je voyageais dans sa bagnole où j’ai passé des heures. J’entendais La Dernière Séance avant l’heure, tous les ragots et anecdotes… parce qu’il en savait des trucs, c’est une mine d’informations, il est passionnant. A un moment il était parti un peu plus vers le rhythm and blues / jazz et ça ne marchait pas trop sur scène. Je m’étais rendu compte que ce qui marchait avec le public c’est quand il attaquait le rock’n’roll, alors un jour j’ai eu une grande discussion avec lui en lui disant qu’il fallait revenir au rock… Je lui ai proposé une chanson qui s’appelait Bye Bye 50, qu’on est allés enregistrer au studio Trident à Londres, et petit à petit c’est comme ça qu’il a fait Rocking In Nashville en 1974. Sur cet album, j’ai écrit La Ballade de Bill Brillantine qu’au départ il voulait appeler Rocky Pento. Il a téléphoné devant moi à la boîte Pento pour leur demander s’ils voulaient bien qu’il utilise leur nom et on lui a refusé ! C’est comme ça que ça s’est appelé Bill Brillantine. J’ai aussi été musicien de Dutronc, de Sacha Distel, des Charlots… Alors les Charlots c’est une belle rencontre, j’adorais Gérard Rinaldi, c’est vite devenu un ami, un mec exceptionnel, intelligent, cultivé, sensible, drôle… et malheureusement il est parti jeune. A cette époque j’avais déjà envie de composer, j’avais du matos chez moi, je faisais des maquettes et petit à petit j’ai fait des albums synthés, c’était inévitable.

En 1977 vous vous retrouvez en pré-sélection pour l’Eurovision avec le groupe Primevère et le 45 tours Dites-moi que vous composez et réalisez.

Fabuleuse expérience ! Un jour je me suis dit : « Tiens, pourquoi je ne tenterais pas ma chance ? ». Je m’étais fait de supers amis : Marie-Ange, la chanteuse, et Paul, qui est toujours l’un de mes meilleurs amis, et je leur dis : « On va faire une chanson pour l’Eurovision ! » On rencontre les éditions d’Alain Boublil, un mec super, qui aimait beaucoup notre chanson mais qui ne pouvait pas s’en occuper directement, ce qui m’avait un peu déçu. Mais il m’a présenté Raymond Jeannot, le mec le plus gentil et le plus cultivé qui soit, il avait fait La Révolution française, La Bande à Basile… C’est comme ça qu’on a fait Primevère et la pré-sélection de l’Eurovision et on était à deux doigts de gagner, mais il faut dire que cette année-là la chanson de Marie Myriam était encore meilleure que la nôtre, en plus elle chantait super bien. On a quand même fait le disque, ça n’a pas beaucoup vendu mais j’en garde un très bon souvenir.

En 1978 sort Pacific, votre premier album de musique électronique, chez Carrere, sur lequel vous faites quasiment tout tout seul.

Là encore c’est une histoire de rencontre, avec Marc Saunier, une sorte de « mentor » pour moi, qui était patron d’une boîte de publicité et qui travaillait essentiellement pour Europe 1. Il faisait travailler plein de musiciens et de compositeurs. Il a écouté ce que je faisais au synthé et il a craqué. Il m’a dit : « Nous on a un studio, il est à ta disposition, tu viens quand tu veux ». Il y avait là tout le matériel possible, un ingénieur du son à ma disposition… Mais tout ça remonte à bien avant. Mon premier Minimoog j’ai été l’acheter en Angleterre au début des années 70 parce qu’il n’y en avait pas en France, et je m’y suis mis tout de suite. J’avais un quatre pistes chez moi et j’ai commencé à faire des trucs au synthé sans arrêt. Ce qui me manquait c’était sans doute des connaissances dans le milieu et un jour j’ai eu cette opportunité avec Marc Saunier qui m’a dit : « Fais-nous un album ». Le titre principal était Pacific, il m’a dit : « C’est un tube » et il l’a fait écouter à tout le monde. Le patron d’Europe 1 a craqué tout de suite, j’ai rencontré Carrère qui a été d’une rare élégance. J’ai eu beaucoup de chance parce que les gens ont toujours été très sympas avec moi. Ce premier album c’était un peu nouveau pour l’époque, c’était le concept de l’homme seul, la technologie commençait à le permettre, ce n’était pas aussi abouti que ce que j’aurais voulu, mais comme je travaillais seul, je tournais un peu en rond. C’était une musique un peu naïve, un peu basique, mais il y avait de bons titres qui ont beaucoup inspiré d’autres musiciens dont des très célèbres… mais chut…

Ces dix dernières années une nouvelle génération redécouvre ce répertoire, qui est repris, samplé, compilé. En 2009 Jay-Z reprend Spirit sur l’album The Blueprint 3 qui est n°1 aux États-Unis.

Un jour je reçois un mail d’un cabinet d’avocat new yorkais qui me dit : « On a entendu un titre à vous, Spirit, et Kanye West est intéressé pour utiliser un sample de ce titre pour une réalisation avec Jay-Z ». Je ne connaissais ni l’un ni l’autre (rires). Le mail est resté comme ça un bon mois en suspens, et un jour j’ai un copain, David, qui était pianiste dans un orchestre à Toronto (The Musical Box) où il refaisait tous les titres de Genesis en tournées, et qui a d’ailleurs commencé la musique en écoutant mes morceaux au Canada où ils étaient utilisés dans les news, les génériques d’émissions… Donc je lui envoie un mail en lui demandant s’il connaissait ces gens-là, s’ils étaient dignes de confiance. Et il me répond : « Mais tu es fou ! Jay-Z c’est le plus gros vendeur de disques au monde ! » Donc je me renseigne un peu et, en espérant qu’il ne soit pas trop tard, je leur réponds immédiatement : oui ! Ils ont acheté le sample et c’est devenu ce que c’est devenu. Mais la question que je me pose toujours c’est : pourquoi ce titre-là et pas d’autres ? Parce que des gens qui leur proposent des titres il y en a des milliers… Un jour j’ai un copain guitariste, Thomas Noton, qui était directeur de chez Pathé-Marconi à l’époque, qui m’appelle parce qu’il cherchait un titre pour la comédienne Stefanie Powers (L’Amour du risque). L’éditeur nous dit que tout le monde est sur le coup, tout le monde a envoyé des chansons, notamment Elton John. Je leur propose une chanson et quinze jours plus tard je reçois un message, on me dit que c’est ma chanson qui est choisie ! Je suis allé à Los Angeles pour produire ce titre avec Stefanie Powers.

En 1980 vous sortez le morceau Versailles sous le nom White Soxx, qui va se classer au hit-parade hollandais…

Mon ami Fabrice Cuitad me téléphone un jour de New York où il était à un défilé de mode. Il me dit : « Voilà, je sais ce qu’il faut qu’on fasse, il faut qu’on fasse quelque chose sur Versailles, maintenant dans la mode les mecs ont tous des catogans, de la dentelle, c’est Louis XIV, écris-nous un titre là-dessus ! » Tout de suite je commence à étudier la question, à écouter les compositeurs comme Lully, et je compose le morceau chez moi, dans mon studio à Garches. Et puis Fabrice a été vendre la chanson en Angleterre à MCA qui ont adoré le titre. On a eu de l’argent pour travailler dessus, on a eu pas mal d’ingénieurs comme Blanc-Francard, des Anglais aussi, et on a fait ça au studio Acousti je crois. Mais on a eu un énorme problème avec cette chanson : elle était trop longue ! Et donc la BBC, toutes les radios anglaises, ont refusé de la passer et ça n’a pas été le succès que tout le monde espérait. On n’a pas réussi à en faire une version courte, tout de suite ça faisait variet’, ça retirait tout l’esprit de la chanson. Cette chanson c’est un film, un scenario incroyable… et d’ailleurs l’un des thèmes avait été repris par toutes les radios libres. Versailles c’est devenu culte, et même nous ça nous échappe. Pour des raisons que j’ignore ça a été un bon succès en Hollande, c’est le seul endroit. Fabrice n’a pas voulu le vendre à une maison de disques en France, donc ça n’est pas sorti ici. Et puis ensuite on est partis sur autre chose. On fait bien les choses mais on ne sait pas les suivre, moi je suis un créatif, pas un vendeur (rires). Jean-Baptiste Mondino, qui était un super copain, nous a fait la pochette… après ça on a fait Funky Burger, et entre-temps je faisais mes disques, mes productions de synthétiseurs.

En 1982 vous lancez Stars de la pub sous le nom de Movie Music et c’est un succès, surtout en radio.

Ça c’est encore un coup de téléphone de Fabrice : « Si on faisait une musique sur la pub ! On fait un titre avec plein de fausses pubs ! » C’était justement l’époque où je faisais beaucoup de musiques de pubs pour Marc Saunier. Donc j’ai fait le morceau chez moi, il y avait vingt fausses pubs ! Il y avait les bas Dim, les publicités pour les avions sur les Champs-Élysées, Esquimau, Obao, les céréales, les chewing-gums… Mais on s’est rendu compte en studio que le morceau faisait douze minutes donc on en a enlevé plus de la moitié et ça s’est fait comme ça. Fabrice et moi assurions les voix, souvent lui faisait le lead et moi les chœurs. Sauf la voix de la petite chanteuse, qui s’appelait je crois Corinne et qui nous a quittés il y a très longtemps déjà, une petite nana adorable qui a fait ça vachement bien et à chaque fois que j’entends cette partie ça me bouleverse. On a utilisé ce qu’on avait fait dans Versailles avec les petites voix, et aussi dans Funky Burger, c’était un peu notre marque de fabrique. Fabrice et moi avons tous les deux une culture très anglo-saxonne. A l’époque de Stars de la pub j’ai assuré toute la promo, j’ai fait la tournée de toutes les FM, les galas, et j’ai vite compris que ça allait marcher. Un jour dans une radio on m’a dit : « C’est le seul titre qu’on peut mettre derrière Earth, Wind & Fire sans que le son se casse la gueule, c’est le seul titre français qui a un son pareil, votre son est à tomber par terre, c’est pour ça qu’on adore votre titre. En plus c’est des sketches, on peut le passer partout, on peut le couper, le débuter où on veut, ça passera toujours. » C’était un morceau très gimmick. Et la première radio que je fais, je me retrouve avec Jean-Jacques Goldman qui a été hyper sympa, qui m’a dit qu’il adorait le morceau, il m’a demandé comment ça avait été fait. Et ce qu’il faut savoir sur Stars de la pub c’est que c’est le premier enregistrement français, voire européen, en numérique. Ça explique aussi le son incroyable. Durant les galas les gens ont naturellement inventé la chorégraphie : ils tendaient les bras, toute la salle faisait l’avion, c’était incroyable.

Il y a même une version anglaise qui est sortie.

On a fait une version anglaise effectivement mais qui a été bâclée, on n’avait pas assez de temps de studio. On a fait ça en fin de soirée, je crois qu’il faut l’oublier, ça n’était pas réussi, c’était sans doute une demande de la maison de disques. Ça a aussi été repris par un russe qui nous a volé le morceau, il en a fait un tube là-bas et je n’ai jamais touché un centime dessus

L’été dernier, Stars de la pub a figuré en bonne place dans le film Été 85 de François Ozon. Comment avez-vous accueilli cette demande ? Avez-vous vu le film ?

Je n’ai toujours pas vu le film, je n’ai même pas vu la scène avec notre musique. Ça s’est fait très simplement : j’ai reçu l’année dernière une lettre de la production de François Ozon, qui avait eu mon adresse par la SACEM, pour me dire qu’il aimerait intégrer ma musique à une scène de son film, qui s’appelait encore à l’époque Été 84. J’ai trouvé ça hyper sympa. D’abord parce que, même si je n’ai pas tout vu d’Ozon, j’ai vu deux de ses films que j’ai adorés. Donc j’ai dit oui, avec grand plaisir. On m’a dit que c’était la meilleure scène du film (rires).

Pourquoi avoir attendu 1985 pour sortir un deuxième single de Movie Music, Viens vivre dans mon film ?

Ça n’intéressait pas Fabrice d’en faire un autre, il n’avait pas le temps, il était déjà passé à autre chose. Et personne n’était intéressé par ça, à part moi. Donc j’ai fait ce titre avec Philippe Labro. Une attachée de presse m’avait conseillé, si je refaisais un titre après Stars de la pub, de le signer avec un « nom », demander à des gens connus, comme Labro. Donc je l’ai contacté, un homme adorable qui m’a dit : « Pourquoi pas ». J’avais déjà la moitié des paroles, il a continué et on a co-signé le texte. C’était une très bonne expérience, il ne m’a pas pris de haut.

Comment vous retrouvez-vous en 1986 sur la BO du film Who’s That Girl de Madonna, avec le titre Turn It Up que vous composez pour Michael Davidson ?

J’ai rencontré Davidson à Paris, un mec super gentil, et j’ai eu envie de le produire. On a sympathisé et je lui ai dit : « Je te produis, mais si je n’arrive pas à vendre la bande, je m’engage à te rendre ta liberté ». J’ai fait le titre avec lui. Un jour il m’appelle des États-Unis en me demandant si notre accord tient toujours et je lui ai dit qu’il était libre, parce qu’entre-temps moi je n’avais rien réussi à faire avec la bande. J’ai reçu un coup de téléphone du producteur de Madonna qui me demande si Davidson est vraiment libre et s’il peut investir sur lui, sans rien me dire de précis. C’est comme ça que le titre s’est retrouvé dans le film et sur l’album de Madonna.

Et qu’avez-vous pensé de la production de Stock, Aitken et Waterman sur le titre ?

Ce n’était pas ce que j’espérais. On aurait pu faire mieux. Le morceau est devenu un petit morceau plat, ce qu’il n’était pas au départ. Je l’avais composé sur des riffs de synthé beaucoup plus riches, plus puissants, qui emmenaient le morceau ailleurs. Eux ils l’ont simplifié à l’extrême, mais bon c’était une usine à gaz…

En 2003

Vous prenez ensuite vos distances avec le monde de la musique, pourquoi ?

J’étais fatigué du métier, des gens. Je voyais de moins en moins de gens extraordinaire. Le dernier que j’ai rencontré et avec qui j’avais fait une production qui s’appelait Mangez français, avec une pochette de Mondino, c’était Michel Eli. On est devenus potes très vite. On a fait cette production et en a rencontré Paul Bocuse pour faire un partenariat afin de lancer le disque. Il était d’accord mais partout sauf en France, parce qu’il avait déjà fait de la pub et que ça lui avait valu beaucoup de lettres d’insultes. « Si votre titre marche à l’étranger, je vous aiderai, je ferai des trucs », nous a-t-il dit. Bon, ça n’a pas quitté la France donc on n’a pas eu l’occasion de le revoir… Mais c’était quelque chose Paul Bocuse ! Michel Eli produisait à l’époque Cargo d’Axel Bauer, d’ailleurs le morceau n’est pas venu tout seul, Michel Eli a fait beaucoup, il savait exactement ce qu’il voulait ! Il n’a rien lâché. Pareil pour le clip, il voulait Mondino et il a eu le clip qu’il voulait. C’est un producteur phénoménal. J’ai arrêté la musique pour me lancer dans l’image, j’ai voulu faire de la vidéo et me lancer dans un vrai travail, et je suis devenu directeur du marketing d’une grosse société américaine qui était une composante d’Avid, et dont la branche audio était Pro Tools. Ils ont voulu ouvrir un bureau en France et moi je connaissais Pro Tools par cœur alors j’ai travaillé pendant quatre ans dans un bureau, et j’ai arrêté la musique. J’ai d’ailleurs été contacté par le producteur de Stephan Eicher qui avait décidé de faire un album dans une chambre d’hôtel avec Pro Tools, et qui n’arrivait pas à l’installer. J’y suis allé et j’ai passé le week-end avec Stephan Eicher. C’est l’élégance à l’état pur. En plus j’ai été crédité sur cet album qui s’appelait 1000 vies et j’ai été invité dans la suite d’un palace pendant le festival de Montreux où il jouait. Aujourd’hui j’ai énormément de projets en musique, je compose plus que jamais et comme maintenant j’ai mon studio personnel, je n’ai plus de limite ! Je fourmille d’idées, d’envies, j’ai les outils, le temps, la place, la motivation, et ce « besoin vital »…  Je constate, hélas, qu’il y a de nombreux grands artistes de toutes les générations qui ne bénéficient pas de l’attention qu’ils méritent, c’est dommage tout ce talent qui dort… J’aimerais profiter de l’éclairage que tu me donnes pour lancer cette invitation, je suis à l’écoute, et ouvert à toutes propositions !

Propos recueillis le 21 août 2020

Frédéric Mercier dans son studio, 2020.

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