Chanteuse des 80’s : Valérie Mairesse

Comédienne depuis le milieu des années 70, Valérie Mairesse va tenter sa chance dans la chanson au début des années 80. Un exercice qui n’est pas inédit pour celle que faisait déjà chanter Agnès Varda pour les besoins de son film L’une chante, l’autre pas en 1977 (il faut absolument réécouter l’hymne militant Mon corps est à moi !).

Son premier 45 tours, c’est un grand compositeur de musiques de film, Gabriel Yared, qui va le lui offrir. A cette époque Yared travaille également avec des artistes de variété, et notamment avec Françoise Hardy qu’il va faire signer chez Flarenasch dont il connaît bien le directeur, Alain Puglia. C’est donc sans trop de difficultés que Valérie Mairesse signe également sur le même label dans la foulée et son premier 45 tours, Sex Appeal, sort au même moment que celui de Françoise Hardy, Tamalou. Morceau funk dans la lignée directe des compositions de Yared de l’époque, Sex Appeal, au texte de Mairesse, est une petite fable à propos d’une jeune femme qui prend conscience que ses atouts physiques ne sont pas l’essentiel. Si elle interprète sa chanson en jouant des charmes du personnage d’ingénue qu’elle s’invente, Valérie Mairesse confiera en 2016 au Mauricien : « Agnès Varda m’a fait évoluer d’une jeune fille prenant des pauses à la Marilyn à une femme prenant conscience que ne plaire qu’aux hommes ne suffisait pas. Là, j’ai compris que l’image de bombasse que je véhiculais à l’époque provenait du fait que je voulais ressembler à tout, sauf à ma mère, qui, elle, était discrète et acceptait tout (…) Et l’image que me renvoyait Marilyn était à la fois sensuelle, belle et d’une grande fragilité. Et c’est ainsi que je me suis vue pendant des années. » Sex Appeal sera peu diffusé mais sa face B, Rêve de starlett, dont elle signe également un texte à propos d’une jeune femme désabusée qui découvre que l’amour n’est pas forcément ce dont elle avait rêvé, va connaître une deuxième vie très peu de temps après. C’est en effet Françoise Hardy qui enregistre la chanson sur son album A suivre… réalisé par Yared et qui paraît en 1981. De ces « mauvaises chansons » ou « chansons ratées » qu’elle chantait « aussi mal que possible » sur cet album de ses « moins intéressants », Françoise Hardy sauve tout de même cette petite « perle » comme elle le confiera plus tard dans son autobiographie.

Suite à cet échec, c’est à nouveau en lien avec un film qu’on retrouve Valérie sur disque en 1981 pour la bande-originale de Si ma gueule vous plaît de Michel Caputo, confiée à deux musiciens de Martin Circus : Gérard Blanc et Sylvain Pauchard. Pour l’occasion, la chanson-titre est pressée en 45 tours avec des paroles de la main de la comédienne. Morceau sautillant assez anecdotique sur lequel les Martin Circus assurent les chœurs, la chanteuse y fait preuve de capacités vocales plutôt limitées.

En 1983, Valérie Mairesse triomphe dans Banzaï de Claude Zidi aux côtés de Coluche, dans un rôle qui avait d’abord été proposé à Karen Cheryl. Flarenasch tente alors un dernier coup avec une toute nouvelle équipe en charge de dénicher un tube pour la comédienne. C’est à l’époque Bertrand Le Page qui s’occupe d’elle et qui fait appel à son fidèle collaborateur, le compositeur Gérard Anfosso (avec qui il a décroché le tube Mise au point pour Jakie Quartz), pour le percutant Bombe anatomique. Cette fois c’est Alain Goldstein et Didier Golemanas qui se chargent du texte bourré de rimes et de jeux de mots tandis que les chœurs et le charme de la comédienne font le reste. Bertrand Le Page, qui ne fait pas les choses à moitié, engage des danseurs pour promouvoir la chanson en télé où l’on découvre notamment Sophie Tellier qui collaborera peu de temps après avec Mylène Farmer qui partage le même manager que Valérie. Mais malgré l’envoi d’une version longue en discothèques, Bombe anatomique ne permettra pas de confirmer la carrière de chanteuse de Valérie Mairesse qui poursuivra, avec succès, au cinéma et au théâtre.

3 commentaires

  1. Actrice peut-être sous-estimée et personnalité attachante dont l’entreprise d’apport à la variété française inoffensive ne me paraissait pas non plus indispensable. J’aurais aimé écouter sa version (originale) de « Rêve de Starlett, je pense que j’aurais apprécié au moins autant que sur celle de Françoise.
    Comme le fait remarquer Hug, c’est vrai qu’on peut penser à Sabine Paturel sur « Bombe anatomique » dont on retrouve certains accents notamment quand Valérie chante ♪ Délirium♪… 😉

    Merci.

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