Annabelle – Fuis, Lawrence d’Arabie

Annabelle Fuis Lawrence d'Arabie

Annabelle est la fille de Marcel Mouloudji, le chanteur de Comme un p’tit coquelicot qui connaît le succès dans les années 50. Mais si elle se défend d’avoir jamais subi une quelconque influence consciente par rapport au métier et à la renommée de son père, c’est pourtant bien dans la chanson que la jeune femme va se faire connaître. Après quelques années de danse classique (dont trois ans en tant que petit rat de l’Opéra et une autre année de formation à New York), Annabelle fait ses premiers pas au cinéma en 1984 dans Un été d’enfer aux côtés de Thierry Lhermitte, Véronique Jannot et la toute jeune Corynne Charby qu’elle côtoiera à nouveau quelques années plus tard aux premières places du Top 50. De tournages en séances photos (notamment pour Triumph ou Liliane France) Annabelle rencontre le producteur Jean-Paul Blanc qui cherche une jeune chanteuse. Touche à tout, la jeune artiste a pris des cours de chant et enregistre avec enthousiasme une première maquette.

C’est seulement deux ans plus tard, et avec l’aide du compositeur Jacques Lennoz qui rejoint l’équipe, qu’Annabelle signe chez Carrère qui avait déjà lancé avec succès la carrière de Sheila puis celle de Karen Cheryl. Annabelle n’écrit pas mais elle suggère à son duo d’auteur-compositeur (Blanc / Lennoz) un rythme arabisant qu’elle affectionne particulièrement. L’idée fait son chemin et en 1987 le premier 45t d’Annabelle est lancé : Fuis, Lawrence d’Arabie. Elle avoue ne pas bien connaître le personnage et ne se souvient plus d’avoir vu le film de David Lean, pourtant le thème va comme un gant à la chanteuse de 20 ans qui va s’approprier la légende de sa voix frêle et sur le fil. Alors qu’un soin tout particulier a été apporté aux arrangements, notamment sur le pont qui amène le morceau vers une direction plus langoureuse avant de reprendre sur des refrains entêtants, les sonorités orientales, boîte à rythme et synthés efficaces font de la recette Fuis, Lawrence d’Arabie une réussite. Réussite sublimée par le vidéo clip qui l’accompagne, réalisé par Thierry Barthes et Pierre Jamin. Le petit film est tourné comme une bande-annonce de cinéma et nous emmène à bord d’un train en direction du Caire en 1915. Annabelle y campe un agent secret en charge de suivre les faits et gestes de Lawrence d’Arabie qui succombera finalement aux charmes de la séduisante jeune femme. Tourné en cinémascope, Fuis, Lawrence d’Arabie va marquer les esprits tant par sa composition que par ses images et l’on pourra lire au dos de la pochette du 45t, non sans humour, que la chanson « n’a évidemment aucun rapport avec la bande originale du film Lawrence d’Arabie ». Si la Face B du 45t ne propose que la version instrumentale du titre, le maxi 45t présente quant à lui une version longue aussi soignée et réussie que l’originale. Tube de l’été 1987, Fuis Lawrence d’Arabie fait son entrée au Top 50 début juillet et culminera à la 12e place début août face à une concurrence féroce (Madonna, Vanessa Paradis, Corynne Charby ou Samantha Fox).

Casanova solo, le 45t suivant qui sort début 1988 en bénéficiant de la même recette et d’un clip travaillé, ne connaîtra pourtant pas le même destin et ratera de peu le classement des ventes. Le troisième, Impunément, ne fera pas mieux malgré un sulfureux clip qui frôlera la censure. En 1989, elle participera à la chanson Liban, aux côtés de 75 autres artistes au profit des enfants du Liban. Suite à la déconvenue de ses deux derniers 45t, l’album prévu reste à l’état de maquette et Annabelle se consacre alors à la télévision qui lui propose des rôles dans des séries américaine, canadienne, belge et française jusqu’au début des années 90. Puis elle retourne à la musique et se forme au jazz pendant deux ans aux États-Unis avant de revenir en France pour chanter dans des festivals et des clubs. En 2000, elle publie un CD de chansons pour enfants puis on la voit sur les planches dans la comédie musicale Bonne nouvelle Louisiane ou dans la série télé La Crim’.

En 2011 elle publie La P’tite Coquelicot, un récit autobiographique dans lequel elle revient sur sa relation avec son père célèbre. Ce père distant avec lequel elle n’a pas vécu et qui n’avait pas jugé d’un bon œil son envie de se lancer dans la chanson. En 2014, elle chante sur l’album Hommage à Mouloudji (notamment en duo avec Alain Chamfort).

Un best of Annabelle est aujourd’hui disponible en digital et rassemble en 8 titres la quasi intégralité de ses trois 45t des années 80 (incluant faces B et versions maxis).

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