Julie Pietri – Les années tubes (1979-1989)

Julie Pietri les années tubes

Bien qu’elle se destine d’abord à l’orthophonie, c’est sa passion pour la musique qui va faire basculer le destin de Julie Pietri à la fin des années 70. A 15 ans, elle enregistre un premier 45 tours confidentiel chez RCA avec son groupe Transit, une adaptation d’une chanson de John Denver. Puis ce sera l’aventure de La Bande à Basile en 1976 suite à un casting où elle se présente devant Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg en interprétant Vancouver de Véronique Sanson. Le groupe à l’univers festif cartonne avec Les Chansons françaises et La Chenille, une expérience formatrice qu’elle va très vite mettre à profit en solo. Rétrospective des années tubes de Julie en dix 45 tours.

Julie Pietri Magdalena Pop Music Deluxe

Magdalena (1979)
Trois chanteuses sont pressenties pour interpréter une adaptation d’un tube du groupe espagnol Trigo Limpio, Maria Magdalena. Mais seule Julie est intéressée par la chanson : « Maria Magdalena m’attire comme un aimant. (…) J’imagine simplement que le titre va figurer sur un album de compilation, si tout va bien… », confiera-t-elle dans son autobiographie parue en 2009 chez Michel Lafon. Julie enregistre donc l’adaptation française signée Jean-Marie Moreau. L’engouement pour la chanson est tel que la maison de disques, CBS, décide de la sortir en 45t. Mais, en plein été, la chanteuse est en vacances à Ibiza et injoignable. CBS, qui ne retrouve pas le contrat de Julie sur lequel figure son nom, décide de sortir le disque sous le nom de Magdalena (avant un retirage où elle est renommée Julie), orné d’une photo prise le jour de l’enregistrement. En septembre 1979, Magdalena fait son apparition au hit-parade et les ventes dépasseront les 300 000 exemplaires.

Julie Pietri Merci Pop Music Deluxe

Merci (1980)
Le succès surprise de Magdalena incite CBS à sortir un album. Julie enregistre alors son premier LP, sobrement intitulé Julie. Au programme quelques adaptations mais également des compositions de Jean Schultheis (qui signe aussi les arrangements) et des textes de Jean-Marie Moreau. Merci, une ballade qui met en avant les qualités vocales de l’interprète en est le premier extrait et, même s’il est un peu diffusé, les chiffres sont loin d’atteindre ceux de Magdalena. Suivra un deuxième extrait proposant deux titres, J’me maquille blues et J’ai envie d’être à vous, qui passe inaperçu. Il est vrai que, loin de répéter la formule de Magdalena, le disque propose un son différent : « Je pense que cet album a d’abord déçu ma maison de disques », dira-t-elle. Aujourd’hui une rareté, ce premier album n’a jamais été réédité en CD. Suite à ce disque, en 1981, Sacha Distel invitera Julie à chanter en vedette américaine de son spectacle à l’Olympia.

Julie Pietri Je veux croire Pop Music Deluxe

Je veux croire (1982)
Julie, désormais récupérée par l’écurie Carrère chez qui elle signe un contrat attrayant, a sorti en 1981 la ballade Let’s Fall In Love, un titre original qu’on lui impose et qui ne séduit pas les foules. Mais l’année suivante, elle reprend un tube de la Néerlandaise Anita Meyer Why Tell Me Why (n°1 aux Pays-Bas et en Belgique) qu’elle enregistre également en français dans une adaptation de Claude Carrère et Jean Schmitt rebaptisée Je veux croire. Cet hymne disco-gospel est un nouveau tube pour la jeune chanteuse qui en vend 400 000 exemplaires. La face B est un titre original, Je reviendrai.

Julie Pietri Et c'est comme si Pop Music Deluxe

Et c’est comme si (1982)
Le 45t suivant est à nouveau une adaptation. Enregistré initialement en 1965 par The Applejacks, I Go To Sleep est repris en 1981 par The Pretenders qui en fait un succès. Pour l’occasion, c’est Julie elle-même qui en écrit l’adaptation, et le morceau devient Et c’est comme si : « … poussée par mon manager qui considérait que c’était une étape à franchir, j’ai commencé à écrire mes propres textes (…) J’avais probablement besoin de l’écriture pour m’affirmer, trouver enfin un socle ». La face B, Les Oiseaux de l’aube blanche, est une autre adaptation, d’un titre Carrère cette fois, Tender Silence of the Night, enregistré par Sheila en 1979 en face B de No, No, No, No. La ballade Et c’est comme si assoie le succès de Julie et s’écoule à plus de 300 000 copies.

Julie Pietri Amoureux fous Pop Music Deluxe

Amoureux fous (1983)
En 1983 c’est un nouveau tube que Julie enregistre en duo avec Herbert Léonard (également artiste Carrère), le très romantique Amoureux fous signé Vline Buggy et Julien Lepers qui dépassera les 400 000 ventes. Pourtant, la chanteuse ne porte pas vraiment le morceau dans son cœur : « Je n’avais pas participé à l’écriture du texte et j’avoue que ce morceau, on me l’a plus ou moins imposé. Herbert possédait une très belle voix et, à ce titre, je pensais que nous pourrions aller davantage vers le blues, d’autant que nos deux tessitures se mariaient agréablement. Dommage… » Les deux chanteurs remettront le couvert en 2002 avec le single Orient Express.

Julie Pietri Tora Tora

Tora Tora Tora/A force de toi (1984)
Les deux 45t suivants seront des échecs : l’original Ma délivrance et l’adaptation Dernier appel (Over My Head de Toni Basil et son intro très Billie Jean…). Le dernier single chez Carrère sera Tora Tora Tora (adaptation du morceau éponyme du groupe néerlandais d’italo-disco Numero Uno qui marchera en Suède et en Norvège). Pourtant efficace, la chanson est loin de plaire à son interprète : « Je la trouvais niaise, autant au niveau des paroles que musicalement », dira-t-elle en 2015 à Idoles Mag. Elle préfère la face B, A force de toi, une adaptation du I Should Have Known Better de Jim Diamond dont elle signe le texte avec Jean-Michel Bériat. Suite à l’échec de Tora Tora Tora, Carrère repressera le 45t en inversant les faces afin de mettre en avant A force de toi en face A. Au total, le disque ne connaîtra qu’un succès d’estime et Julie, qui sent bien qu’elle est dans l’impasse et qu’on ne lui laisse que peu de liberté artistique, renoncera à ses royalties afin de se libérer de son contrat avec Carrère. Etrangement, après pourtant trois tubes, la maison de disques ne lui a pas fait enregistrer d’album, et c’est une compilation de singles qui voit le jour en 1985 avec pour titre Disque d’or – A force de toi. Après avoir enregistré Pretoria, un morceau sur l’apartheid qui n’intéresse pas Carrère et qui ne sortira pas, Julie assurera la première partie de Frédéric François à l’Olympia.

Julie Pietri Eve Leve toi Pop Music Deluxe

Eve, lève-toi (1986)
En 1986, Julie doit se réinventer. Elle rencontre par l’intermédiaire d’une attachée de presse le compositeur Vincent-Marie Bouvot avec qui l’entente est immédiate et l’écriture d’un album très vite mise en chantier. Julie reprend son patronyme, Pietri, et signe à nouveau chez CBS qui accepte de sortir l’album Le Premier Jour avec Eve en premier extrait, un morceau qui la réconcilie avec ses racines, cette Afrique du Nord qu’elle porte en elle. Cet hymne féministe aux accents orientaux va véritablement s’imposer sur la durée et entre au Top 50 début août. Le 1er novembre, Eve, lève-toi est n°1 et cartonne en discothèques grâce à son remix. Près d’un million de singles sont vendus et une version anglaise, Listen to Your Heart est enregistrée et commercialisée.

Julie Pietri Nouvelle vie Pop Music Deluxe

Nouvelle vie (1987)
Le très joli Nuit sans issue qui prend la suite d’Eve va dérouter le public et, malgré des diffusions correctes, n’entrera pas au Top 50. L’album Le Premier Jour, qui sort en 1987, a été réalisé assez vite et la chanteuse n’est pas tout à fait satisfaite des arrangements. C’est donc à l’occasion de l’enregistrement du disque en anglais qu’elle va revoir avec Jean-Marie Bouvot l’intégralité des chansons. Nouvelle vie, le single suivant, est le premier à bénéficier de ce nouveau traitement puisque la chanson est complètement remaniée et rechantée pour la version qui paraît en 45t. Une bonne idée qui permet au morceau de se classer à la 31e place du Top. Du 3 au 6 décembre, elle se produit en vedette à l’Olympia (avec Patricia Kaas qu’elle invite en lever de rideau). La ballade Immortelle, dernier extrait de l’album, paraît en 45t dans une version remixée début 1988 mais échappe à nouveau au Top 50.

Julie Pietri Salammbo Pop Music Deluxe

Salammbô (1989)
Julie Pietri, qui n’aime pas se répéter, change de cap pour son nouvel album en 1989. Le ton est résolument plus pop-rock et le projet ambitieux, l’album La Légende des Madones se veut tel un opéra-rock, avec des morceaux plus narratifs qui sont reliés entre eux par de petits interludes. Daran, Serge Guirao… font partie de sa nouvelle équipe de compositeurs, tandis qu’elle se partage à nouveau les textes avec son complice Jean-Michel Bériat. La femme est évidemment au centre des thématiques du disque qui offre également de nombreuses références culturelles (Flaubert, les grands cinéastes italiens, la Victoire de Samothrace…). Les arrangements sont tout particulièrement soignés tout comme le travail sur les voix (chœurs, contre-chants, chant lyrique…). Le premier extrait en est Salammbô, avec son parfum arabisant qui peut rappeler Eve, et son joli clip tourné au Portugal, mais ce n’est pas un tube du Top 50.

Julie Pietri Priez pour elle Pop Music Deluxe

Priez pour elle (1989)
La Légende des Madones est une belle prise de risque artistique pour la chanteuse qu’on veut cantonner à la variété mais, à l’instar des Crises de l’âme de Jeanne Mas qui sort au même moment, l’album n’est pas un album à tubes. Ce disque, qui reste aujourd’hui son préféré, est à appréhender dans son ensemble, ce qu’une partie du public comprend en le faisant entrer à la 39e place du Top albums où il restera classé quatre semaines (là où Le Premier Jour n’avait pas été classé). En deuxième extrait, on opte pour Priez pour elle dans une version remixée pour lui donner toutes ses chances mais sans plus de succès. Julie part alors en tournée et Etrangère sera le dernier extrait de l’album en 1990. Elle s’accordera ensuite une pause de quelques années afin de goûter aux joies de la maternité avant de revenir sur le devant de la scène en 1995.

Playlist :

2 commentaires

  1. Jolie rétrospective et bel article fouillé!

    Je me permets d’apporter malgré tout quelques précisions:
    – Magdalena est plus proche des 450 000 exemplaires environ que des 300 000 (officiellement certifié disque d’or pour 500 000 ventes);
    – Le compositeur d' »Eve lève-toi » est Vincent-Marie Bouvot et non Jean-Marie Bouvot;
    – Frédéric François s’écrit avec un « c » et non « Frédérique »;
    – Il est abusif de qualifier « Tora Tora Tora » d’échec car Julie dit en avoir vendu 120 000 exemplaires, ce qui paraît cohérent au regard de la fréquence du disque dans les bacs d’occaz’, et en fait non pas un gros tube certes mais un joli petit succès. Au final, c’est « A force de toi » qui s’est beaucoup moins vendue que la première version.

    Sinon bravo pour votre site!

    Aimé par 1 personne

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